Auteur/autrice : cmo
Libérez Hüseyin DOGRU
Nous reprenons ces pages du bulletin grec : THE DELPHI INITIATIVE
The Newsletter of The Delphi Initiative Website
Defend Democracy Press du 6 Septembre 2026
Libérez Hüseyin Doğru. Mettez fin aux sanctions de l’UE contre le journalisme.

Un journaliste allemand ne peut pas nourrir sa famille.
Hüseyin Doğru a fondé un média indépendant. Il a couvert des manifestations. Il a publié des opinions. Puis l’Union européenne l’a placé sous des sanctions conçues pour des adversaires étrangers.
Pas d’inculpation. Pas de procès. Pas de condamnation. Juste une punition.
Ses comptes bancaires sont gelés. Il lui est interdit de travailler. Il est pénalement répréhensible pour quiconque de l’employer ou de lui donner de l’argent. Les comptes de sa femme ont également été saisis. Ses trois jeunes enfants vivent au sein d’une crise créée par l’UE.
L’Union européenne a adopté la loi européenne sur la liberté des médias pour protéger les journalistes. Puis elle a sanctionné l’un des siens.
S’ils peuvent détruire la vie de Doğru sans jamais l’inculper d’un crime, aucun journaliste en Europe n’est en sécurité.
L’ancienne juge à la Cour européenne de justice, le Prof. Dr. Ninon Colneric, a conclu que ces sanctions violent le droit de l’UE. L’UE l’a ignorée. Les comptes de Doğru sont toujours gelés. Sa famille souffre toujours.
Signez la lettre ouverte. Exigez que le Conseil européen révoque les sanctions, rétablisse les droits de Doğru et mette fin à l’utilisation des sanctions comme arme contre la presse.
Ajoutez votre nom à la lettre ouverte
Ne détournez plus le regard – Solidarité avec Hüseyin Doğru
3 septembre 2026
Lettre ouverte de syndicalistes
par The Left Berlin
27/06/2026
À : Danica Bensmail (Directrice fédérale de l’Union des journalistes allemands) Frank Werneke (Président de ver.di)
Chères Danica, cher Frank,
le 20 mai 2025, le journaliste allemand Hüseyin Doğru a été sanctionné par l’UE.
Depuis, ses comptes sont gelés, ses biens saisis et sa liberté de circulation restreinte. Il est dans l’incapacité de continuer à travailler en tant que free-lance ou salarié ; même l’aide humanitaire minimale n’est disponible que sur demande et à la discrétion des autorités.
En tant que syndicalistes, nous défendons la démocratie, l’État de droit et les normes relatives aux droits humains. Ceux-ci sont bafoués dans le cas de Hüseyin Doğru. Doğru n’a commis aucun crime mais est devenu une victime de l’arbitraire politique. Il s’agit en fait d’une sanction politique visant ses reportages critiques.
Les sanctions sont justifiées par l’affirmation selon laquelle Doğru, avec ses reportages pro-palestiniens, « soutient les activités déstabilisatrices de la Russie ». Aucune preuve de liens avec la Russie n’est présentée. Le fait que Doğru condamne l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes est également sans importance. Les sanctions sont « de nature préventive » et ont été imposées sans audition préalable, sans inculpation officielle ni contrôle judiciaire.
Une expertise juridique (du Prof. Dr. Ninon Colneric, ancienne juge à la Cour de justice des Communautés européennes et professeur de droit international à l’Université d’Angers, et du Prof. Dr. Alina Miron) conclut sans équivoque que « l’UE a franchi le Rubicon avec les restrictions à la liberté d’expression imposées par le nouveau régime de sanctions de l’UE contre la désinformation ». Des termes tels que « manipulation de l’information » sont définis de manière si large qu’ils accordent au Conseil « une discrétion pratiquement illimitée », ce qui accroît le risque de persécution politique. Comme rien d’illégal n’a besoin d’être dit ou fait, il reste totalement flou où se situent les limites entre un reportage autorisé et une prétendue « manipulation de l’information ».
Le traitement réservé à Hüseyin Doğru est une attaque grave contre la liberté de la presse et d’expression, contre l’État de droit et la démocratie – et constitue donc un précédent dangereux qui nous concerne tous.
Par ailleurs, une pétition circule dans laquelle de nombreux artistes, universitaires, syndicalistes et personnalités politiques d’Allemagne et de l’étranger exigent la levée des sanctions contre Doğru : https://free-dogru.com/?lang=de.
Quiconque accepte la ruine économique d’un journaliste critique de gauche et de sa famille (il a trois enfants) sans protester nuit à la crédibilité de notre communauté solidaire.
Nous vous exhortons donc à :
Prendre position publiquement contre les sanctions de l’UE visant votre membre Hüseyin Doğru.
Vous prononcer contre l’intimidation du travail journalistique indépendant.
La solidarité syndicale est une promesse qui doit tenir, surtout en période de virage politique à droite et de pressions politiques. Nous vous serions reconnaissants d’une réponse positive.
Avec nos salutations distinguées,
Signataires initiaux :
Gotthard Krupp, Membre du conseil sectoriel d’État A de ver.di, conseil de district d’État de ver.di Berlin-Brandebourg
Ralf Kramer, Secrétaire syndical, ver.di
Volker Prasuhn, Membre du conseil de district de ver.di Berlin
Steffen Fust, Président du groupe spécialisé local de ver.di Oldenburg-Westerstede-Frise orientale (IKT) ; Président du comité spécialisé de district de ver.di Weser-Ems IKT
Dr. Lydia Krüger, ver.di, Groupe de travail BSW
Cornelia Barth, GEW, Porte-parole du groupe du Forum de la paix de Brême
Clemens Hehmann, ver.di, Porte-parole du Groupe de travail BSW (Basse-Saxe)
Markus Widera, Membre du conseil de district de la GEW Ortenau-Bade du Sud
Soutiens :
Michael Altmann, Membre du conseil de district d’État de ver.di Hesse ; Norbert Arndt, Secrétaire syndical retraité, ancien directeur adjoint du district central de ver.di Ruhr ; Britta Brandau, Membre du conseil syndical de ver.di ; Christian Haß, Membre du conseil d’administration de ver.di Nord-Ouest ; Raoul Didier, Secrétaire syndical, Président adjoint de l’association de district du DGB Tempelhof-Schöneberg ; Armin Duttine, ver.di ; Michael Koeditz, GEW, Président de l’association de district ; Sascha Kraft, ver.di, Membre du comité d’entreprise ; Wolfgang Mix, Délégué d’État de la GEW ; Rainer Perschewski, Membre du comité exécutif fédéral de l’EVG ; Charlotte Rutz-Sperling, Membre du conseil sectoriel de district d’État de ver.di ; Sigi Stenzel, ver.di EA ; Detlef Bahr, ver.di, ISA ; Evelin Becken, ver.di ; Bettina Becker, GEW ; Horst Bohmbach, GEW ; Kirsten Claus, GEW ; Marion Dreiner, GEW ; Maria Eboisse, GEW ; Karsten Ebbrecht-Hashimoto, ver.di ; Anke Ehlers, ver.di ; Susanna Eiermann, GEW ; Magdalena Farkas, ver.di ; Waltraud Frank, GEW ; Nina Großmann, GEW ; Michael Gobicke, ver.di ; Kerstin Goring, ver.di ; Gerda Guenther, GEW ; Georg Heidel, ver.di ; Eberhard Henze, ver.di ; Robert Horak, GEW ; Wilfried Juch, GEW ; Brunhild Keller, GEW ; Konstantin Kieser, GEW ; Brigitte Klein, GEW ; Tilmann Krogoll, ver.di ; Faye Mentzen, GEW ; Margit Natterer, GEW ; Carmela Negrete, ver.di ; Sean Nowak, ver.di ; Jörn Rieken, IG BAU ; Stephan Sauvageot, ver.di ; Inga Schmalz, ver.di ; Birgit Schüller, ver.di ; Gabriele Sterke, ver.di ; Dr. Christiane Thole, GEW ; Armin Wojdschiski, ver.di ; Narges Yelaghi, GEW ; Susanne Zierl, ver.di ; Axel Zutz, GEW ; ainsi que 7 autres collègues.
Poutine et Staline
Jean-Jacques Marie
Depuis son arrivée au pouvoir en 2000 Poutine a fait ou laissé édifier 108 statues de Staline et monuments à la gloire de ce dernier.
Certes ces monuments et ces statues édifiés en l’honneur du dictateur sanglant de l’URSS et père du goulag ont une visée actuelle, mais ils ne signifient certes pas que Poutine tente d’instaurer un régime social et politique stalinien.
Poutine veut seulement célébrer et utiliser un certain héritage stalinien magnifié comme l’expression d’une certaine unité nationale pour les besoins de sa politique face aux grandes difficultés qu’il rencontre : d’abord l’image de Staline vainqueur de la guerre de 1941-45 (au prix de près de30 millions de morts !!), ensuite le Staline dictateur liquidant toute opposition, tâche que Poutine a très grand peine à réaliser, enfin le Staline chef d’une grande Russie dite alors Union soviétique.
Mais la réalité sociale instable de la Russie actuelle rend très difficile, malgré la répression à laquelle toute opposition vraiment menaçante est soumise, la réalisation de ces objectifs. Statues et monuments à la gloire de l’ancien Guide suprême ne parviennent guère à compenser les difficultés économiques et sociales qui rongent la Russie d’aujourd’hui.
ZELENSKY réhabilite les collaborateurs des nazis
(Dénoncer la réhabilitation par Zelensky de nazis ukrainiens n’est en rien une justification de la guerre d’agression menée par la Russie de Vladimir Poutine contre le peuple ukrainien.
Comme dénoncer la politique génocidaire du gouvernement Netanyahu contre les Palestiniens n’est certes pas justifier le massacre du 7 octobre et autres agissements du même genre, même si elle les provoque, ce que le gouvernement Netanyahu sait fort bien, y voyant un prétexte supplémentaire pour assassiner 72.000 Palestiniens de la bande de Gaza et je ne sais combien de Libanais et de Palestiniens au Liban…, sans compter l’annexion en cours de la Cisjordanie…
De même, le fait qu’il y ait eu des traites africaines transsahariennes, et même intra-africaines, ne justifie en rien la traite transatlantique, qui par ailleurs a atteint un rythme jamais égalé auparavant.)
par Lucien Gauthier
(article paru dans Informations Ouvrières, n°912, le 4 juin 2026)
Les restes d’Andriy Melnyk, mort en 1967 au Luxembourg, ont été exhumés le 19 mai pour être rapatriés en Ukraine afin d’être réinhumés le 25 mai au cimetière national de Kiev, dans une sorte de panthéon militaire, en présence du président Zelensky.
Andriy Melnyk était un des dirigeants de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui a collaboré avec les nazis quand ils sont entrés en Ukraine en 1941 et qui a participé au génocide des juifs ukrainiens. Cela ne gêne pas Zelensky, puisque le cercueil de ce pronazi était recouvert du drapeau ukrainien et entouré des militaires de l’armée ukrainienne célébrant les héros ukrainiens.
Parmi les nombreux invités, il y avait Arseniy Bilodub, célèbre chanteur identitaire en Ukraine, dont les paroles d’un de ses titres disent : « Six millions de mensonges qu’ils ont inventés sur l’Holocauste, où sont les preuves ? Tu crois les juifs. Pas moi. »
C’est à ce régime que sont versés, par un vote de l’Union européenne avec le soutien des gouvernements européens, 90 milliards d’euros détournés des budgets de la santé et de l’école.
Un crachat au visage de tous les juifs exterminés dans les camps d’Hitler, et au visage de tous les Européens morts dans la lutte contre le nazisme ; et notamment aux 27 millions de soviétiques, dont de nombreux Ukrainiens, massacrés par les nazis.
Et de cela, pas un mot dans la grande presse quotidienne ni sur les chaînes d’info en continu.
(article paru dans Informations Ouvrières, n°915, le 25 juin 2026)
Conférence de Jean-Jacques Marie, filmée lors de la Fête Lutte Ouvrière 2026, à propos de son livre, Les Mutins du goulag et du quotidien
A voir ou revoir la conférence de Jean-Jacques Marie Marie à la Fête de Lutte ouvrière 2026, à propos de son dernier livre « Les Mutins du Goulag et du quotidien« , paru aux éditions Maurice Nadaud, en septembre 2025
Fête de Lutte ouvrière 2026, Jean Jacques Marie
UNE LECON A MEDITER ?
Anne DEFFARGES : Allemagne 1918-1923, leçons d’une révolution fusillée. 430 pages. Atalande, 21 E, mars 2026

Par Jean-Jacques Marie
En janvier 1918 l’empire de l’Autriche-Hongrie s’embrase : des grèves de masse éclatent à Vienne, puis à Cracovie, Brünn, Budapest, Trieste, Prague. A la fin d’octobre 1918, en pleins pourparlers d’armistice, le haut commandement allemand décide de lancer la flotte allemande à l’assaut de la flotte anglaise. Les marins de Kiel refusent et se soulèvent. Apparait alors l’une des questions-clé de la révolution allemande en marche, que souligne Anne Deffarges : le social-démocrate Gustav Noske, chargé du rétablissement de l’ordre, se fait alors à la fois nommer gouverneur de la ville et élire à la tête des conseils ouvriers et rétablit plus ou moins l’ordre antérieur, que les marins et les ouvriers voulaient balayer mais ne peuvent y parvenir faute d’une direction politique désireuse et capable de transformer leur protestation spontanée en une action politique consciente visant à leur assurer le pouvoir. C’est le début symbolique de la tension extrême qui va régner en Allemagne après l’effondrement de la dynastie des Hohenzollern et la proclamation de la République le 9 novembre 1918. Mobilisation des masses d’un côté et de l’autre signature des accords Legien (responsable des syndicats) – Stinnes (représentant du patronat) visant à élaborer une « communauté du travail » niant la lutte des classes, dont l’héritage s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui. De Berlin à Budapest, s’enclenche un mouvement vers la révolution mondiale, au moment même où le parti communiste allemand (KPD), fondé à la fin de décembre 1918, se voit privé de ses deux principaux dirigeants, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, assassinés le 15 janvier 1919.
Les ouvriers, qui avaient déjà fait massivement grève en janvier 1918, se joignent à eux en déclenchant le 5 novembre la grève générale. Anne Deffarges souligne la portée gigantesque de ce départ de la révolution allemande. Au même moment, souligne-t-elle « les soldats créent un conseil, le premier de la révolution allemande (…) quelques heures plus tard les ouvriers créent également leur conseil. (…) l’ampleur du mouvement est telle que, le soir même, ces conseils deviennent l’autorité de la ville. Les matelots, les ouvrières et ouvriers (…) comprennent qu’il n’y a plus de retour en arrière possible (…). Leur seul salut (…) est de renverser le pouvoir. » Dès lors la grève générale et les conseils de soldats et d’ouvriers créés revêtent une portée nationale.
La direction du puissant parti ouvrier social-démocrate (le SPD) envoie alors à Kiel un de ses dirigeants, Gustav Noske « pour éteindre l’incendie (…) Noske comprend que c’est de l’intérieur qu’il pourra le mieux freiner la révolte et réussit en un jour à se faire élire Président du conseil des soldats de Kiel (…) puis nommer Gouverneur de la ville (…) il oeuvre à vider de son pouvoir le soviet ». Hitler, après avoir dissous le SPD en 1933, versera à Noske une retraite d’ancien ministre, manifestement bien méritée !
Peu après à Cologne, les ouvriers et les soldats installent à la tête de la ville un comité qui, écrit Anne Deffarges « pouvoir législatif et exécutif à la fois, supervisait les chemins de fer, les postes et télécommunications, la police, les banques et le commandement militaire ». A Kiel Noske met en oeuvre la politique que le SPD appliquera à l’échelle du pays tout entier pour défendre l’Etat hérité de l’Allemagne impériale et son appareil civil et militaire. Un bref moment chancelier du Reich l’homme politique bourgeois Max von Baden souligne alors l’ampleur de la mobilisation ouvrière : « Nous ne pouvons plus écraser la révolution, nous ne pouvons que l’étouffer. » C’est ce à quoi, à partir de décembre 1918 s’attacheront les dirigeants du parti social –démocrate, alors très puissant dans la classe ouvrière, dont son secrétaire général Friedrich Ebert nommé chancelier du Reich en novembre 1918 et ses adjoints. En ce sens le destin du mouvement révolutionnaire à Kiel dessine déjà le cours général imposé à la révolution naissante par les sociaux-démocrates au pouvoir qui « redonnèrent un rôle et du poids à l’armée tellement haïe en 1918. Ils firent le lit de l’extrême droite, armant ses bandes qui ont, entre 1919 et 1923 assassiné à grande échelle (…). De ces paramilitaires sont sortis les partis et groupes fascistes, dont les nazis ». Ce cours étouffera le mouvement révolutionnaire qui entraîne alors des millions d’hommes et de femmes et préparera ainsi l’avènement du nazisme alors en gestation. Après une litanie de grèves dont les ouvriers et les ouvrières ne parviennent pas à obtenir la généralisation, le parti communiste soviétique, soucieux de rompre l’isolement dont souffre la révolution russe décide fin août 1923 de préparer l’insurrection en Allemagne sous la conduite, évidemment du KPD … mais sa direction, alors privée de Lénine très malade, suspend sa décision.
Anne Deffarges conclut sa tentative réussie de dresser un tableau des secousses révolutionnaires et des réactions qu’elles ont suscitées de la part de tout l’appareil de l’Etat sous la direction du parti social-démocrate, en soulignant : « au-delà de la complexité des événements, l’absence d’une direction révolutionnaire sûre d’elle-même, volontaire, sachant où elle allait et par quelles voies, nuisit à leur lisibilité. Tous ces facteurs se conjuguent pour donner une impression de chaos, de bateau ivre sans capitaine. »
Sans capitaine parce que l’état-major, soutenu par les dirigeants sociaux-démocrates, dont Ebert et Noske, a dès le 15 janvier 1919, assassiné les deux sociaux-démocrates de gauche Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, qui avaient fin décembre 1918 fondé le parti communiste, le KPD, pour donner une issue politique à la révolte de millions d’ouvriers et d’ouvrières.
Boris KAGARLITSKY International Solidarity Campaign
Boris Kagalitsky est un philosophe politique et sociologue marxiste russe, dissident politique en ancienne Russie soviétique et toujours courageux combattant des libertés à Moscou
MEDIA STATEMENT–FOR IMMEDIATE RELEASE
Putin regime subjects political prisoners
to increasing brutality as war wears on
Statement by the Boris Kagarlitsky International Solidarity Campaign
June 14, 2026
Conditions for political prisoners in the Russian Federation and the territories it occupies have deteriorated sharply with the prolongation of the war on Ukraine.
Those accused and convicted of weakening the war effort under an assortment of fabricated charges are receiving longer sentences, detainees are being rearrested to prolong their prison time, there are accounts of sleep and food deprivation, and torture is routine.
Most recently, the abysmal treatment of mathematician Azat Miftakhov has been brought to international attention. Detained since 2019 on a series of trumped-up charges, including hooliganism and justifying terrorism, he is currently confined to a high-security prison in the Arctic Circle (Kharp, IK-18).
According to direct testimony on April 21, 2026, Azat was subjected to atrocious physical and psychological abuses designed to break his will. He was force stripped, bound, suffocated, beaten repeatedly, shocked with electric current, and sexually violated.
Miftakhov’s case, and that of Bakhrom Khamroyev, also held in Kharp, are among those confirming a disturbing deterioration in the conditions faced by men and women jailed and persecuted for expressing opposition to the war. Six political prisoners, ranging in age from 43 to 65, died in Russian state custody in the first four months of 2026 alone.
Already in fall of 2024, Mariana Katzarova, Special Rapporteur on the situation of human rights in the Russian Federation, reported that “torture is used as a State sanctioned tool for systematic oppression, to maintain control and to stifle dissent.”
The gross mistreatment of political prisoners, who number in the thousands, has gone had in hand with an intensification of internal repression by the Putin regime, which, in turn, is expanding the prison population both in Russia and in the territories it occupies. Ukrainian civilians held as prisoners are also among the Kremlin’s victims.
“The net of repression is being cast wider than it was in the first year of the war, in response to the fear of growing internal resistance, and any pretext will do, explained exiled Russian journalist and antiwar activist Alexey Sakhnin. “ ‘Extremism’ can mean criticism of the government; ‘Terrorism’ can mean discussing political texts.”
Moreover, according to Sakhnin, the focus of repression has shifted from middle-class political activists to a broader swath of the population, encompassing the working class and the poor, who are increasingly discontent with the protracted war and the deteriorating social conditions it is producing.
By mid-2025, according to the Re: Russia network, the number of politically motivated convictions on political charges had increased by 80 percent compared with 2024. More young people, including minors, are also being arrested, tried and convicted, notably the young anti-war activists in the so-called Vesna case and the group of poets found guilty of “fomenting hatred”.
The Boris Kagarlitsky International Solidarity Campaign is extremely concerned about the implications of these disturbing developments for Boris Kagarlitsky himself, who remains in prison, having served over two years of the five-year sentence unjustly meted out to him by a military court for a sarcastic remark he made in 2022 about the Crimean bridge explosion (“justification of terrorism” in the eyes of Russian law).
We also fear for the welfare of all the other prisoners subjected to the brutal conditions of the Russian penal system and we urge closer collaboration among all organisations defending their rights with a view to increasing the political pressure on the Putin regime as much as humanly possible.
For further information: (North America) Andrea Levy +1 514 433 7890 (Europe) Dick Nichols +34 683 171 461
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Boris Kagarlitsky International Solidarity Campaign · Kamenovo, Vijesno br 5 · Budva 85310 · Montenegro
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Un Lénine quelque peu défiguré !
Alexandre Sumpf : Lénine, 630 pages. Flammarion, 2023.
par Jean-Jacques Marie
Page 564 du livre figure une photographie commentée par la légende suivante : « Staline, Lénine et Trotski. Dès cette époque le commissaire du peuple aux Nationalités et commissaire du peuple au contrôle étatique et le commissaire du peuple aux Affaires militaires, successeurs potentiels de Lénine, sont en conflit ouvert. » Conflit ouvert mais sur quoi et pourquoi ? La photographie, en nous présentant ces trois hommes côte à côte, veut affirmer par l’image une parenté politique qui réduit la rivalité entre Staline et Trotsky à la quête du pouvoir. Si ces deux hommes sont rivaux ils ont donc la même ambition et poursuivent le même objectif ; or Staline protège et promeut la caste dirigeante (dite bureaucratie ou nomenklatura) que Trotsky dénonce et combat jusqu’à ce que Staline, après l’avoir ignoblement calomnié, dénoncé comme un agent fasciste, fera assassiner le 20 aout 1940. Est-ce pour souligner cette parenté dans l’objectif poursuivi que la photographie de l’individu présenté comme Trotsky n’est pas la sienne, mais celle de Kalinine, président officiel (mais impuissant) de l’URSS, mort en 1946 ?
Le russe Dimitri Volkogonov ancien directeur-adjoint des service politiques de l’Armée soviétique, attribue à Lénine une action diabolique dans son ouvrage publié en 1994 : « Si le saint prince Vladimir de Kiev, en faisant baptiser la Rouss, l’a rendue chrétienne, Vladimir Oulianov, lui, a déchaîné sur ses espaces l’Antéchrist ». Les biographies de Lénine ne se réduisent pas à ces grossiers catéchismes. Ainsi Hélène Carrère d’Encausse le définit, dans la biographie qu’elle lui consacre, comme « un inventeur politique exceptionnel, le seul de ce siècle », et ajoute : « son génie politique » en 1917, l’amène à chevaucher « tous les spontanéismes et va faire de son parti leur porte-parole ». Chevaucher tous les spontanéismes n’est pas leur dicter sa loi, c’est leur donner une traduction politique qui leur permet de ne pas être réduits à une protestation impuissante. Pour certains son influence dépasse même le XXème siècle ; ainsi l’anglais Robert Service avertit ses lecteurs : « Partout où le capitalisme engendre une grave détresse sociale, Lénine n’est pas mort, du moins pas encore (…) S’il faut retenir quelque chose de sa vie et de sa trajectoire politique extraordinaire, c’est bien la nécessité pour tout un chacun de rester vigilant ».
Lors de son récit de l’insurrection organisée à Moscou en juin 1918 par les socialistes-révolutionnaires de gauche, jusqu’alors alliés aux bolcheviks, Sumpf affirme : « Lénine a l’habitude d’excommunier pour resserrer les rangs ». Il oublie le nombre de fois où Lénine s’est heurté à une vive opposition, parfois victorieuse, dans les instances de son parti.
Il en donne une autre image quand il évoque : « La lutte contre la corruption et le bureaucratisme », dont il affirme à juste titre qu’elle est « la grande cause de la dernière année de la vie de Lénine ». Mais ce dernier mène cette lutte en étant paralysé à la fois physiquement vu son état de santé déplorable et politiquement puisque, le 18 décembre 1923, le Bureau politique du parti communiste confie le suivi de son traitement médical et le contrôle de ses médecins à celui-là même qui est déjà le véritable chef de l’appareil bureaucratique parasitaire corrompu, Joseph Staline. Est-ce parce que ce combat est ainsi perdu d’avance que Sumpf ne présente pas, cette fois, Lénine comme « un dictateur », prêt à tout pour imposer sa volonté ?
La manière dont Sumpf aborde certaines phases de son activité permet d’apprécier la portée de cette affirmation. Prenons d’abord l’exemple des journées de juillet 1917, où Sumpf évoque « un désistement lâche » de Lénine, suivi « d’une fuite pitoyable au cœur des marais finlandais ». Au début du mois à la suite de la dégradation de la situation économique et sociale soulignée par une crise du Gouvernement provisoire, marquée par la démission des ministres bourgeois, la colère monte à Petrograd amplifiée par l’agitation bolchevique.
Persuadés que prendre le pouvoir à Petrograd serait facile, mais que Petrograd resterait isolé, les bolcheviks, après l’avoir d’abord refusé, acceptent de rendre la direction de la manifestation des marins, ouvriers et soldats qui se dirige vers le Palais de Tauride où siège le Comité exécutif du soviet ; le soir ils se dispersent et décident de revenir le lendemain. Les dirigeants bolcheviks délibèrent toute la nuit avec Lénine ; ils ne veulent pas appeler publiquement à une action prématurée. Le lendemain matin un énorme placard blanc remplace l’éditorial de la Pravda, qui devait appeler à une nouvelle manifestation. Ce 4 juillet, des masses de manifestants montent vers le Palais de Tauride pour exiger tout le pouvoir aux Soviets, se heurtent à un refus des dirigeants du Comité exécutif, puis, ne sachant que faire, se dispersent.
Le lendemain l’ordre égratigné est rétabli ; un détachement d’élèves officiers saccage le siège du parti bolchevik, puis le local de la Pravda, que Lénine a, par chance pour lui, quitté une demi-heure plus tôt, pendant qu’un autre détachement perquisitionne son appartement. Le gouvernement interdit la Pravda et lance un mandat d’arrêt contre Zinoviev et Lénine, accusés d’être des « agents allemands » (en pleine guerre avec l’Allemagne… donc des traîtres !), accusation relayée par une vaste campagne de presse, et emprisonne des dizaines de cadres bolcheviks. Lénine déclare à Trotsky : « Maintenant ils vont nous fusiller tous. C’est le bon moment pour eux. » Lénine et Zinoviev, décident de s’enfuir en Finlande. Cette prudence élémentaire n’a rien à voir avec un désistement lâche et une fuite pitoyable.
Autre exemple de la schématisation de la pensée et de l’activité de Lénine, Sumpf, évoquant la guerre civile qui va ravager la Russie trois ans durant après la prise du pouvoir d’octobre 1917, affirme : « Lénine a appelé la guerre civile de ses vœux, il y est plongé jusqu’au cou et l’épreuve subie se montre à la hauteur de ses ambitions totalitaires ». Un épisode important de la révolution russe remet en question cette affirmation. En août 1917, le dirigeant politique du parti bourgeois Cadet, Milioukov prophétise : « la vie poussera la société et la population à envisager l’inéluctabilité d’une opération chirurgicale. » et il annonce « des répressions inéluctables ». Dans son histoire de la révolution il affirme que le pays n’avait alors le choix qu’entre le général Kornilov et Lénine.
Kornilov organise un soulèvement fin août, menace de pendre tous les dirigeants du Soviet, qui s’unissent alors tous avec les bolcheviks pour repousser l’offensive du général factieux, vite écrasé.
Lénine, de sa cachette finlandaise, constate que cette alliance a balayé le complot de Kornilov « avec une facilité sans exemple dans aucune révolution ». Il propose de perpétuer cette alliance qui, avec la transmission immédiate de tout le pouvoir aux Soviets, « rendrait la guerre civile impossible en Russie ». S’ouvre alors à ses yeux une « possibilité historique extrêmement rare et extrêmement précieuse », à saisir d’urgence : la Russie vit un moment historique exceptionnel où « le développement pacifique de la révolution est possible et vraisemblable, si tout le pouvoir est transmis aux Soviets. » Il propose donc la « formation d’un gouvernement de socialistes-révolutionnaires (S-R) et de menchéviks, responsable devant les Soviets (…) seul moyen d’assurer désormais une évolution graduelle, pacifique, paisible des événements. » Les bolcheviks exigeraient alors seulement « l’entière liberté de l’agitation ».
Nullement assoiffé ni de guerre civile ni de pouvoir, Lénine cherche donc la solution la plus économique et la plus indolore.
Les S-R et les menchéviks n’en veulent pas et maintiennent la coalition avec la bourgeoisie vacillante entre autres pour poursuivre la guerre qui ravage et ruine le pays. La possibilité d’un développement pacifique de la révolte souhaitée par Lénine s’évanouit.
Sumpf enfin déforme de façon caricaturale la pensée de Lénine quand il prétend qu’en 1921 « Lénine renonce à la révolution mondiale avant même que Staline énonce le slogan du « socialisme dans un seul pays. » Il donne de cette affirmation une étrange preuve puisque la citation qu’il fait dit exactement le contraire : « En témoigne son discours devant les délégations allemande, polonaise, tchécoslovaque, hongroise et italienne au III congrès du Komintern le 11 juillet 1921 ». Or, dans le passage cité par Sumpf lui-même, Lénine affirme : « L’Europe est enceinte d’une révolution, mais il est impossible d’établir à l’avance un calendrier de révolutions (…) Je suis sûr que nous gagnerons une position pour la révolution, à laquelle l’Entente ne pourra rien opposer et ce sera le début de la victoire à l’échelle mondiale. » Etrange renoncement à la révolution mondiale que cette certitude d’une victoire, dont Lénine se contente d’affirmer qu’il est impossible d’en fixer la date… Staline opposera à cette perspective évidemment imprécise la construction du (prétendu) « socialisme dans un seul pays », simple couverture de l’avidité de la caste bureaucratique parasitaire dirigeante Cette couche réactionnaire, en se soumettant par la corruption les appareils permanents à la tête des partis membre de l’Internationale dite communiste, parviendra à bloquer les éruptions révolutionnaires qui vont, entre autres, secouer l’Angleterre avec sa grève des mineurs de neuf mois en 1926, puis la Chine en 1927, puis l’Espagne et la France en 1936. La IV e Internationale politiquement formée dès1936, puis proclamée en 1938 tentera de préparer les conditions politiques de la victoire de la révolution dont le gigantesque massacre de la guerre mondiale à venir annonce l’explosion. C’est pour l’empêcher que Staline fera assassiner Trotsky le 20 août 1940.
Une (toute) petite page de l’histoire du stalinisme : le portrait d’un bureaucrate stalinien typique ou modèle et sa carrière tout aussi typique et modèle : Matvei Chkiriatov
par Jean-Jacques Marie
Matvei Chkiriatov (15-08-1883/18-01-1954), né dans une famille de paysans, adhère au parti bolchevik en 1906. De 1918 à 1920 il est secrétaire du syndicat des travailleurs du vêtement puis en 1921 entre dans l’appareil du Comité central du parti communiste où il préside la commission chargée de l’épuration du parti. C’est le début d’une carrière dans l’appareil entièrement dirigée vers ce type de fonction. En 1923 il est nommé secrétaire de la Commission centrale de contrôle du parti, poste qu’il occupe jusqu’en 1927 puis de nouveau de 1930 à 1934. En 1927 il devient membre du collège de l’Inspection ouvrière et paysanne. En 1939 il est élu au Comité central et est nommé vice-président de la Commission de contrôle du parti, dont il devient le président en 1952, année où à la fin du XIXe congrès il est élu au Présidium du Comité central (nouveau nom de l’ancien bureau politique). Sa promotion est l’un des indices de la purge que prépare Staline dans les sommets de l’appareil du parti communiste.
Matvei Chkiriatov, dont les lettres sont truffées de fautes d’orthographe, est le modèle du bureaucrate inculte et brutal chargé de traquer les déviations les plus minimes ou totalement imaginaires. Peu après sa nomination à la tête de la Commission centrale de contrôle, apprenant la condamnation de son propre frère à deux ans de prison pour larcin, il manifeste sa fermeté dite « bolchevique » en exigeant l’augmentation de cette peine, à ses yeux trop légère… Au plenum du Comité central de février 1937, où Boukharine est convoqué, Chkiriatov présente comme une bouffonnerie la grève de la faim que ce dernier a décrétée pour protester contre les calomnies qui l’accablent. L’année suivante le chef du NKVD, Nicolaï Iejov fabrique un pseudo-complot cosaque destiné entre autres à compromettre Cholokhov, qui a eu le tort de dénoncer vigoureusement la famine de 1932-33 dans la région d’Ukraine où il vivait, ce dernier proteste auprès de Staline. La commission d’enquête dirigée par Chkiriatov valide le pseudo-complot… que Staline finalement écarte sans doute parce qu’il se prépare à liquider Iejov. En novembre, c’est lui qui est chargé, avec Andreï Andreiev, d’organiser la liquidation du secrétaire des Komsomols Kossarev et des quatre cinquièmes du comité central des Komsomols.
Il appartient au tribunal d’honneur créé par Staline en 1947 présidé par Mikhaïl Souslov pour juger des victimes suspectées de porter atteinte aux intérêts de la Russie soviétique au bénéfice de l’Occident. Il y siège aux côtés d’Andreï Jdanov, les premiers secrétaires du PC de Moscou (Popov), de Leningrad (Kouznetsov), et le secrétaire de Staline, Poskrebychev.
Il est très étroitement impliqué deux ans plus tard, avec Gueorgui Malenkov dans la liquidation du Comité antifasciste juif. C’est lui et Malenkov qui accusent Salomon Lozovski d’avoir eu des visées criminelles lorsqu’il avait en février 1943 co-rédigé une lettre à Staline demandant la création d’une République juive de Crimée. Les deux hommes demandent son exclusion – vite prononcée – du Comité central. C’est le début de la vague d’arrestations des principaux dirigeants du Comité antifascite juif, bientôt dissous.
Ce contrôleur sourcilleux de la morale dite « bolchevique » c’est-à-dire l’obéissance aveugle aux directives de l’appareil du Comité central, est un digne représentant de la nomenklatura, de son avidité et de son goût pour les charmes financiers du monde capitaliste. Le 15 mai 1949, Dekanozov vice-président de la Direction principale de la propriété soviétique à l’étranger, chargée du pillage des « démocraties populaires », alerte Beria : la section internationale du Comité central a ouvert en février 1949 neuf comptes bancaires en Suisse pour neuf cadres de la commission de contrôle du parti dirigée par Chkiriatov, dont un pour lui, doté de 800 000 francs suisses, sous le pseudonyme de Valentin Klimov ! Pour ouvrir ces comptes, précise Dekanozov, « ont été utilisés l’or, les pierres précieuses et du platine emportés d’URSS, d’Allemagne et de Tchécoslovaquie dans des chargements destinés à l’aide des partis communistes de l’Europe orientale. » Beria informe le bureau politique. Staline reste de marbre. Il a trop besoin de la trique, que manie si bien Matvei Chkiriatov.
Au début de 1950, c’est à lui que Staline confie la gestion de la prison spéciale du Comité central destinée à accueillir des dirigeants en disgrâce. Il est ensuite chargé de la répression contre l’économiste Iarochenko qui a osé émettre quelques remarques critiques sur le texte de Staline. Les problèmes économiques du socialisme et sa famille. Staline accuse Iarochenko de « marcher sur les traces de Boukharine ». Chkiriatov convoque Iarochenko, l’accable d’injures et de menaces, puis organise sa traque : sa femme et son frère, père de trois enfants en bas âge et qui n’a rien à voir avec les conceptions économiques de son frère sont licenciés, son fils, traité à l’Université comme un paria, est contraint d’abandonner ses études. Toute la famille est chassée de Moscou. Puis Chkiriatov l’envoie à la Loubianka… d’où seule la mort de Staline le libérera.
Sources : I Bounitch, Zoloto partii, Moscou, 1992. V S Joukovski, Loubianka, imperia NKVD,1937-1939, Moscou, Vietche, 2001. Nikita Khrouchtchev, Vospominania, Moskovskie Novosti, Moscou, 1999 Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, 2001. Tsentralny Komitet, Parad, Moscou, 2005
Sauvons AZAT avant qu’il ne soit trop tard

source : https://samizdat2.org/
Depuis 2019, Azat Miftakhov est incarcéré dans le cadre d’une procédure judiciaire fabriquée, reconnue comme un procès politique par de nombreuses organisations internationales. Ces derniers jours, la situation s’est dramatiquement aggravée : Azat a été transféré de force dans la prison de haute sécurité de Kharp (IK-18). Située sur le cercle polaire arctique (région autonome de Iamalo-Nénétsie), cette prison est isolée dans une zone inhospitalière aux températures extrêmes (descendant jusqu’à -50°C d’octobre à mai). Elle est tristement célèbre pour ses conditions carcérales inhumaines et se trouve dans la même ville que celle où l’opposant Alexei Navalny a été assassiné. Azat y a déjà été victime de tortures.
Selon un témoignage direct daté du 21 avril 2026, Azat a été soumis à des sévices physiques et psychologiques atroces : déshabillement forcé, ligotage, étouffement, coups répétés, électrocution et prémices de viol. Ces actes de barbarie avaient pour unique objectif de briser sa volonté. Le comité de soutien, déjà mobilisé pour la libération immédiate d’Azat, dénonce fermement ces agissements criminels, en violation totale du droit international et des conventions contre la torture. Ces méthodes démontrent la volonté du régime actuel d’éliminer toute dissidence. Nous exigeons l’arrêt des tortures et la libération d’Azat Miftakhov. Nous appelons les citoyennes et les citoyens, quelle que soit leur nationalité, à soutenir et diffuser notre appel.
Nous exhortons les gouvernements, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies à intervenir pour la libération d’Azat. La vie d’Azat Miftakhov est en danger immédiat.
Sauvons Azat avant qu’il ne soit trop tard !
Paris, le 21 mai 2026

Liste des Signataires :
Allemagne BAG Russischsprachige Linke (Bundesarbeitsgemeinschaft der Partei Die Linke in Gründung) Campagne #FREE120 Demokrati-JA Dialog und Solidarität e.V. Feminist Anti-War Resistance Nordrhein-Westfalen Bénin Syndicat national de travailleurs des services de la santé humaine SYNTRASESH Brésil Central sindical e popular CONLUTAS Cameroun Syndicat des travailleurs saisonniers de la filière canne à sucre STRASCAS Canada Procès de Nuremberg 2.0 Chypre Société démocratique des Russes de Chypre Etat espagnol Confederacion General del Trabajo CGT Etats-Unis People for free Russia Finlande Initiative for resistance and dialogue France Arguments pour la lutte sociale Collectif Russie Progressiste Comité français du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine Démocratie radicale Equipe Navalny France Exil Solidaire FSU 03 Institut Sakharov L’Adieu aux Armes Libre Pensée LDH Mémorial France Relations internationales de la fédération anarchiste Réseau Bastille Russie-Libertés Solidarité FreeAzat Ukraine CombArt Union communiste libertaire Union départementale FO 35 Union syndicale SOLIDAIRES Vesna France Italie Associazione dei Russi liberi Kazakhstan Erkindik Qanatty Moldavie Platforma Europe European Network for Solidarity with Ukraine Organisation internationale Boris Kagarlitsky International Solidarity Campaign Memorial political prisoners Platform of Civic, Anti-War and Humanitarian Initiatives Réseau syndical international de solidarité et de luttes Zone de Liberté


Boris Kagalitsky est un philosophe politique et sociologue marxiste russe, dissident politique en ancienne Russie soviétique et toujours courageux combattant des libertés à Moscou