NAISSANCE DES PARTIS COMMUNISTES EN FRANCE ET EN ITALIE (ou « des sections française et italienne de la Troisième Internationale »)

LE CONGRES DE TOURS

Pierre Saccoman

Le congrès du parti Socialiste (parti socialiste unifié, section française de l’Internationale ouvrière, SFIO) s’est tenu salle du Manège à Tours du 25 au 30 décembre 1920.

Ce congrès vota par 3 247 mandats contre 1 308 l’adhésion à la troisième Internationale (Comintern) et prit le nom de Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC). Puis en 1922 Parti Communiste de France, transformé plus tard en Parti Communiste Français (nationalisme oblige).

Le parti socialiste français unifié en 1905, éclate à nouveau, la minorité (Léon Blum, Paul Faure) décidant de maintenir la SFIO.

On aurait pu espérer alors que la France se dotait  d’un parti révolutionnaire, s’inspirant du parti bolchevique, et censé pouvoir réaliser la révolution attendue par la classe ouvrière depuis l’échec de la Commune de Paris en 1871.

Les racines :

D’abord et avant tout, la crise de la Seconde Internationale et par ricochet de la section française due au déclenchement de la guerre de 14-18. Le 31 Juillet 1914, l’assassinat de Jean Jaurès privait le parti d’une voix résolument opposée à la participation à la guerre. Le jour  de son enterrement, le 4 août, on assiste au ralliement de la SFIO à l’effort de guerre (vote des crédits au Parlement ) et au tournant de la CGT et de son dirigeant, Léon Jouhaux qui se prononce pour un soutien à l’Union nationale.

En fait quand on parle de ralliement, il s’agissait surtout des députés, des sénateurs et des cadres du parti…

Au point de vue international, les partis socialistes membres de la « Deuxième Internationale » décidaient de se rallier à leur bourgeoisie réciproque : vote des crédits de guerre en Allemagne, en Autriche, en Grande Bretagne, en France. Seuls, le partis bolchevique russe, le parti socialiste tenjik bulgare et le parti socialiste italien refusaient cette politique d’Union nationale.

Petit à petit, on assiste à la naissance d’ oppositions : les députés socialistes allemands Karl Liebknecht, Otto Rhule, les députés socialistes français Raffin Dugens, Brizon et Blanc, refusent de voter les crédits de guerre… Les « mencheviques internationalistes » avec Martov, Trotsky et son groupe « inter rayon » s’opposent eux aussi à la politique d’Union Nationale.

En France, les socialistes participent aux gouvernements. En août 1914, entrée de Marcel Sembat (travaux publics) et Jules Guesdes (ministre d’Etat sans portefeuille) au Gouvernement Viviani. En octobre 1915, au gouvernement Briand, s’ajoute Albert Thomas (Armement et fabrication de guerre). Au second gouvernement Briand, seul reste Albert Thomas. En octobre 1917, les socialistes refusent de participer au second gouvernement Ribot. Il n’y aura plus de ministres socialistes, même si le parti soutient les gouvernements Painlevé et Clemenceau. Celui ci nommera trois « commissaires » socialistes.

Les oppositions à la guerre s’étoffent :

1) Dés décembre 1916, les minoritaires opposés à la guerre sont 11 au comité national contre 13 majoritaires . Les 28 et 29 juillet 1918, la motion Longuet (pacifiste, pour l’arrêt de la guerre) obtient 1 544 mandats contre 1 172 à la motion Renaudel (pour la poursuite du conflit). Trois tendances se disputent la direction de la SFIO : la tendance majoritaire (Hervé, Guesde, Thomas), la tendance pacifiste modérée (Longuet, Faure ) la tendance gauche (Raffin, Dugens, Loriot, Souvarine).

Les choses vont même très loin : Charles Dumas, chef de cabinet du ministre Jules Guesdes, en Avril 1915, envoie en mission le député  Marcel Cachin en Italie pour négocier une aide financière à Mussolini (on parle d’un million de francs), dirigeant socialiste italien partisan de l’entrée en guerre de l’Italie aux cotés de la France et de l’Angleterre, afin de lancer un journal de propagande pour la guerre.

2) Un groupe de syndicalistes, regroupés autour du journal « la Vie Ouvrière », Monate, Rosmer, Marcel Martinet, Louis Bouët, Fernand Loriot, Amédée Dunois, Merrheim, se constitue pour lutter contre la guerre. Ce groupe travaille avec des exilés russes qui éditent le journal quotidien « Golos » ( La Voix) devenu ensuite « Nache Slovo » (Notre parole) dirigés par Martov et Trotsky. Ils se réunissent régulièrement ensemble quai de Jemappes.

Le groupe russe est composé d’une tendance « droite » avec Martov, d’un centre avec Lapinsky et Riazanov, d’une gauche avec Manouilsky, Lozovsky, Lounarchasky et Trotsky.

Ce dernier romps alors définitivement les ponts avec les mencheviques et son ancien complice Parvus et se rapproche peu à peu des bolcheviques. En octobre 1916, Trotsky est expulsé de France.

3) Une opposition internationale se constitue autour du dirigeant socialiste suisse Grimm et de Lénine et ses compagnons, alors en Suisse, qui vont organiser les conférences internationales de Zimmerwald (5-9 septembre 1915) et de Kienthal (24-30 avril 1916). La aussi, une division entre pacifistes purs et ceux qui comme Lénine veulent transformer la guerre impérialiste en révolution. Trotsky tente une synthèse.

La « gauche de Zimmerwald » se constitue autour de Lénine. En France se crée le Comité pour la Reprise des Relations Internationales (CRRI), qui deviendra le 1er mai 1919 le Comité de la Troisième Internationale, forte au début de 850 adhérents.

4) Une minorité pacifiste se dessine dés 1914 dans la CGT a partir de la Fédération des Métaux et de la Fédération Nationale des Syndicats d’institutrices et d’instituteurs.

L’aggravation de la situation sociale

 En France on assiste aux premières grèves en janvier 1916. Dés janvier 1917, ce mouvement s’amplifie et gagne la main d’œuvre féminine. En effet, à cause de la mobilisation, il a fallu recourir dans l’industrie, particulièrement celle de l’armement à un recrutement de plus en plus féminin : on comptait dans l’industrie en 1913, 5% de femmes et en 1917, 26%.

En Février 1917 éclate la révolution en Russie qui chasse le Tsar et met en place un gouvernement d’Union Nationale avec les Mencheviques, mais sans les Bolcheviques et une petite minorité de « Mencheviques internationalistes » regroupés autour de Martov.

A partir de mars 1917, la France voit se dérouler une vague de grèves importantes dont celle de la métallurgie entre le 10 et le 28 mars.

L’aggravation de la situation militaire

En même temps, parmi les troupes françaises,la guerre de tranchée, très meurtrière s’éternise, l’offensive décidée par le général Nivelle, tourne au massacre. Un mouvement de refus et de désertions sera durement réprimé (les fusillés pour l’exemple de Pétain). La mort et les conditions atroces pour les troupes, la faim et la misère pour les populations civiles.

L’évolution de la situation internationale

En Russie, la révolution d’octobre permet aux bolcheviques d’accéder au pouvoir. Un immense espoir parcours le monde du travail. Des mouvements révolutionnaires se font jour surtout en Allemagne (révolution de 1918-19), en Autriche, en Hongrie, en Italie.

Une conférence des partis communistes se tient à Moscou du 2 au 6 mars 1919 et se transforme en premier Congrès de l’Internationale Communiste (la Comintern).

Le second Congrès de la Troisième Internationale se tient le 19 juillet 1920 : de plus en plus de partis socialistes ou de fractions de ces partis adhèrent à la Comintern :

– Avril 1918, adhésion du DNA norvégien

– Mars 1919, adhésion du parti Tesnjak bulgare

– Juin 1919, adhésion du parti socialiste suédois

– Août 1919, création de deux PC aux États Unis

– Octobre 1919, le congrès de Bologne du PSI se prononce pour l’adhésion à l’IC

– Août 1920, fondation du PC de Grande Bretagne

– 4-7 décembre à Halle en Allemagne fusion de l’USPD et du KPD

– 15 Janvier  1921, scission du PS Italien et fondation du PCI à Libourne

En France, ou sévit la dure grève des cheminots du 1e au 29 mai 1919, le congrès de Strasbourg de la SFIO en février 1920 décide que le parti doit quitter la Seconde Internationale.

Le 31 octobre 1919, les Jeunesses Socialistes décident en congrès de devenir Jeunesses Communistes (Jacques Doriot, Gabriel Peri, Henri Lozerg, Rose Michel, Maurice Honel…).

La question de l’adhésion du Parti Socialiste à la Comintern est portée par trois groupes :

–  La minorité de la SFIO, de plus en plus majoritaire, dirigé par Loriot, Souvarine, Vaillant-Couturier et que rejoignent des anciens partisans de l’Union Nationale comme Marcel Cachin et Louis Oscar Frossart…

–  Le groupe « Vie Ouvrière » et de nombreux anarchistes et anarcho-syndicalistes.

–  Ce qu’on peut appeler le groupe des « Français de Moscou » : Rosmer qui a rejoint Moscou pour le second congrès de l’IC et qui a été désigné au « petit bureau de l’IC » avec Zinoviev, Radek, Boukharine et Bela Kun, certains participants de la mission militaire française à Moscou et qui ont déserté pour se mettre au service de la révolution : Pierre Pascal, Jacques Sadoul, Marcel Body, et d’autres comme Jeanne Labourbe, institutrice française en Russie ainsi qu’un groupe de jeunes : Marcel Verget, Lepetit, Raymond Lefevre venu dans des conditions rocambolesques et  qui allaient malheureusement périr en mer lors du retour en France.

On peut expliquer la « vague » de la base du parti socialiste vers l’adhésion à la Comintern par la situation sociale : inflation galopante, chômage accentué par le retour des mobilisés et la fin des commandes de guerre. Les conflits sont nombreux : 2000 grèves et un million de grévistes en 1920 !

Le milieu rural est fortement marqué par les morts de la guerre, les départements ruraux seront à la pointe des votes pour l’adhésion.

Il y a parmi les militants une haine profonde pour ceux qui ont participé à l’effort de guerre. C’est avant tout la base du parti qui pousse à l’adhésion a la Commintern.

Il y a surtout l’effet « révolution d’octobre »… C’est la base qui fait pression sur le parti, et renforce les opposants à la guerre jusque là infime minorité…

Devant la vague d’adhésions, et parce que de nombreux opportunistes et d’anciens partisans de l’Union Nationale cherchaient à se faire « une place » dans la nouvelle Internationale, le second congrès de l’IC décide de mettre un certain nombre de conditions pour exclure des nouveaux PC les anciens opportunistes et les carriéristes : ce sera les 21 conditions.

Plusieurs anciens dirigeants socialistes veulent l’adhésion à l’IC mais pas les conditions 7 et 21 : c’est le cas de Serrati en Italie et de Longuet (petit fils de Karl Marx) en France…

Or, en raison de la répression due aux mouvements de grève, Loriot, Dunois et Souvarine sont en prison, Monate aussi (mais il n’avait pas adhéré à la SFIO, il n’adhérera au PC qu’en 1922), Rosmer est  retenu à Moscou au bureau de l’IC, Verget, Lefevre et Lepetit sont disparus en mer, les membres du groupe de Moscou, considérés comme déserteurs ne peuvent rentrer en France. La décision d’adhérer à l’IC repose sur les épaules de Cachin (directeur de l’ Humanité) et Frossart (secrétaire de la SFIO) dont on peut sérieusement douter de la loyauté. L’avenir d’ailleurs verra Cachin hésiter en 1940 et même prendre publiquement parti contre la résistance avant de se retracter, quand à Frossart, il finira par se rallier à Pétain !

Des négociations tendent à faire accepter par l’IC l’adhésion de Longuet et de Faure… En tous les cas, Clara Zetkin qui devait représenter l’IC au Congrès de Tours aurait reçu des consignes en ce sens. L’arrivée du fameux télégramme de Zinoviev remettait tout en question.

 Le vote du congrès sera clair : la SFIO devenait SFIC sans Longuet ni Faure….

La direction (le Comité Directeur) élue comprendra 24 membres : Alexandre Blanc, Joseph Boyer, René Bureau, Cartier, Marcel Cachin, Antonio Coen, Amédée Dunois, Eugène Dondicol, Albert Fournier, L-O Frossart, Henri Gourdeaux, Antoine Ker, Georges Lévy, Fernand Loriot, Lucie Leiciague, Paul-Louis, Victor Méric, Charles Rappoport, Daniel Renoult, Louis Sellie, Georges Servantier, Boris Souvarine, Albert Treint, Paul Vaillant-Couturier.

Parmi les 24, 13 quitteront ou seront exclus du Parti.

Frossart devient secrétaire général.

A noter les réactions de la droite à ce congrès : Xavier Vallat député de l’Ardèche :  « Les soldats de France ont fait taire les Bertha : il appartient au gouvernement de la République de faire taire les Clara ».

Léon Daudet lui, dénonce la « bochesse révolutionnaire ».

La suite ? On peut raisonnablement se poser la question : comment ce parti si prometteur allait disparaître progressivement : prés de 30% des voix à la Libération, 2% actuellement ?

Plusieurs pistes de réflexion 

Malgré les votes majoritaires, malgré un courant fortement révolutionnaire, si on regarde les choses en détail (dans l’Isère en particulier), le parti communiste reste un « parti socialiste » de gauche avec ses élus locaux, ses compromis avec les radicaux « pour gagner les élections », promouvoir l’école publique etc…

La décision de Zinoviev, secrétaire de l’Internationale de « bolcheviser » les partis, principalement les partis français et italien aboutit plus à une caporalisation qu’à une véritable transformation.

En France, le rôle de Treint et Suzane Girault dans ce processus, les brutalités, le placage de la rivalité entre Zinoviev, Kamenev, Staline ligués contre Trotsky vide le parti d’une grande partie de ses cadres fondateurs : les anarchistes ralliés, Rosmer, Monate, les jeunes, Loriot, Souvarine sont exclus ou s’en vont.

Par la suite, la rupture entre Staline et Zinoviev-Kamenev entraîne d’autres purges et d’autres départs. La fonte des effectifs, les défaites électorales se combinent avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne. Cet événement, qui voit le plus puissant parti communiste en dehors d’URSS, le KPD disparaître sans combat repose la question de la rivalité socialistes-communistes. Les émeutes de février 34 en France amènent une réaction forte de la classe ouvrière pour l’unité. C’est la que se situe le « tour de passe passe » qui amène le parti communiste et Thorez à transformer l’unité PC-PS en pacte avec les radicaux sous la forme du Front Populaire : c’est à dire l’union avec les radicaux sur le programme des radicaux. On a parlé des lois sociales de 1936, mais elles n’étaient pas dans le programme du Front Populaire : c’est la grève qui les a imposées.

Stalinisation des cadres, Front populaire, procès de Moscou, soutien à la bourgeoisie de gauche en Espagne : alors que les masses se tournent de plus en plus vers un PC qui représente pour elles le combat et la révolution d’Octobre, parce qu’elles sont à la recherche de solutions politiques, le PC lui continue une politique contre révolutionnaire dont le sommet sera le Pacte Germano-Soviétique.

La Résistance maintiendra ce paradoxe : les jeunes en particulier affluent dans la résistance communiste car ils croient en la révolution et au changement, pendant que la la direction choisit la collaboration (de classe) avec de Gaulle. C’est là que se situe le « pacte » entre de Gaulle et Thorez : les lois sociales et un certain nombre d’acquis contre la paix sociale…

Le parti semble renforcé par cette politique mais la classe est désarmée. Thorez au gouvernement laisse passer le bombardement d’Haïphon, de Sétif et Guelma, la non épuration. Quand la bourgeoisie n’a plus besoin du PC pour reconstruire (retrousser ses manches disait Thorez) l’économie, les valets socialistes de l’impérialisme (Blum et Moch) les virent du gouvernement. Le PC déclenche la grève de 1947 qui est un échec.

Le « rideau de fer », la caricature de socialisme qui s’abat sur l’Europe centrale, puis les événements  de Berlin (1953), de Budapest (1956) de Prague (1968), la « trahison » du PC en mai 68, le soutien à Mitterrand  en 1981 achèvent le travail de recul et de destruction du « grand parti des travailleurs ».

Il faut revenir sur deux notions fondamentales, qui ont été la réflexion et l’action même de Marx, Engels, Lénine et Trotsky : la rupture avec la bourgeoisie et particulièrement avec la « gauche » petite bourgeoise : se rappeller Marx et Engels en 1848 , la Commune de Paris, le ralliement à l’Union Nationale en 1914, la lutte contre les mencheviques en 1917 alliés à Kérensky, la question des Fronts Populaires, etc…

Deuxième élément : la politique des dirigeants aussi bien socialistes que communistes qui répétaient à qui mieux mieux : ce n’est pas le moment, la classe n’est pas prête, les conditions ne sont pas mûres etc… Or toute la politique de Lénine en particulier, c’est d’expliquer qu’il « faut y aller » quand même, car c’est dans la lutte que la classe apprend à se battre et apprend à prendre conscience de sa force…

DOCUMENTS

Tract de la « Société des jeunes révolutionnaires de Saratov »

Ce tract a été écrit et distribué (avec quelques autres en  1943) par les jeunes révolutionnaires de Saratov, âgés de 11 à 13 ans.

La première et la dernière phrases sont : « Camarades qui souffrez sous le joug stalino-fasciste (…) dressez-vous pour le combat. Anéantissez la bête sauvage Hitler et ensuite renversez Staline ».

L’histoire de cette société et la traduction du tract figurent dans le n° 5 des CMO (pp 58-61), https://cahiersdumouvementouvrier.org/wp-content/uploads/tous-cmo-pdf/cmo_005.pdf

Un représentant authentique du peuple français

Télégramme du chef de l’Etat, Valéry Giscard d’Estaing à madame Jacques Duclos, à l’occasion du décès de son mari.

Le Monde, 30 avril 1975

Madame,

Avec Jacques Duclos disparaît un témoin éminent d’un demi-siècle de notre vie politique nationale et un représentant authentique du peuple français.

Sa mort a été ressentie par tous ceux qui, quelles que soient leurs convictions, appréciaient son évidente conviction et le grand talent d’expression qu’il mettait au service de ses idées.

En ce moment douloureux, je vous prie de croire madame, à l’assurance de mes très sincères condoléances.

Un document injustement méconnu surtout par les guépéoutistes d’opérette d’aujourd’hui qui déploient tant d’infructueux efforts pour accréditer les calomnies criminelles de leur mentor Joseph Staline sur le prétendu « hitléro-trotskysme »

« Les communistes font leur le programme fasciste de 1919 qui est un programme de liberté. (…) Peuple italien ! Fascistes de la vieille garde ! Jeunes fascistes ! Nous les communistes nous faisons nôtre le programme fasciste de 1919, qui est un programme de paix, de liberté, de défense des intérêts des travailleurs et nous vous disons : luttons tous unis pour la réalisation de ce programme. (…) Fascistes de la vieille garde ! Jeunes fascistes ! Nous proclamons que nous sommes disposés à  combattre à vos côtés, avec tout le peuple italien pour la réalisation du programme fasciste de 1919 ! »

De qui et de quand sont donc ces lignes, rarement évoquées par les historiens – sans parler des derniers folliculaires balbutiants et besogneux héritiers du Guépéou – ; elles datent du début d’août 1936, sept semaines après le soulèvement franquiste en Espagne, applaudi par les fascistes italiens, et une semaine avant l’ouverture du premier procès de Moscou, où seront condamnés à mort le premier président de l’Internationale communiste, Grigori Zinoviev et plusieurs autres anciens dirigeants bolcheviks. Elles ont été publiées dans la revue du Parti communiste italien « Lo Stato Operaio » (n° 8, août 1936), fondée en 1923 et publiée en exil à Paris, de 1927 à 1939, puis à New York sous la direction de deux dirigeants du Parti communiste italien, (PCI) Giuseppe Berti et Ambrogio Donini. Son premier signataire est son secrétaire Palmiro Togliatti, membre du secrétariat de l’Internationale communiste, alors émigré à Moscou et chargé, avec Dimitri Manouilski, de sa Commission italienne. Parmi la cinquantaine de signataires du PCI figurent Luigi Longo, successeur de Togliatti au poste de secrétaire général du PCI de 1964 à 1972 et Vittorio Vidali, futur commandant Carlos en Espagne, accusé d’être l’assassin du dirigeant du POUM, Andreu Nin, puis de l’anarchiste italien Carlo Tresca.

Notons à l’intention de ceux qui seraient tentés de voir dans l’appel du 8 août 1936 une initiative isolée de quelques dirigeants communistes égarés que, peu avant, lors de la réunion de cette Commission du Secrétariat latin de l’Internationale communiste tenue du 26 au 31 décembre 1935 ce même Manouilski avait déclaré : « le problème du front unique en Italie est le problème du  front unique avec les fascistes. Vous devez adopter cette ligne politique claire » [1]. Comme on dit en italien « piu chiaro di cosi » (On ne peut pas être plus clair).

Cet appel de 1936, publié trois mois après la proclamation par Mussolini, le 8 mai, de la Fondation de l’Empire italien, qui couronne la conquête de l’Ethiopie, jette une vive lumière sur la longue série de procès, publics ou à huis clos, qui accuseront de vieux communistes – mais aucun des signataires de ces lignes – de liens avec les services de renseignements d’un nombre variable de pays étrangers.

Nous invitons tous ceux qui voudraient lire le long texte d’où ces lignes sont extraites à consulter le numéro 4 des Cahiers du mouvement ouvrier (p. 106-116) sur le site de la revue : cahiersdumouvementouvrier.org.[2]

https://cahiersdumouvementouvrier.org/wp-content/uploads/tous-cmo-pdf/cmo_004.pdf

Frank La Brasca, Jean-Jacques Marie

[1] Mikhaïl Narinsky, Jürgen Rojahn : Center and periphery. The History of the Comintern in the light of new documents 1996, p. 183.

[2] La perfection n’étant pas de ce monde (ni de l’autre d’ailleurs) …le traducteur a omis de traduire le titre de l’appel, qui, quoique peu éclairant sur son contenu, doit être rétabli. Le voici donc : « Pour le salut de l’Italie. Réconciliation du peuple italien ».

Une du journal du Parti Communiste d’Italie « L’Unità » de 1936 appelant à l’union avec les fascistes « authentiques » avec en exergue, s’il vous plaît, une phrase extraite d’un article écrit en avril 1920  par Benito Mussolini lui-même  qui dit : « Le paysan veut la terre et il doit avoir sa terre à lui » (petit rappel : 1936 c’est un an après l’agression colonialiste de l’Italie contre l’Ethiopie).

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-700x196.png.
Une du journal du Parti Communiste d’Italie « L’Unità » de 1936 toujours avec en exergue un extrait d’un article de Mussolini de juin 1919 sur le fait que c’est aux riches de payer les frais entraînés par la guerre et un vibrant appel à « l’union fraternelle » du peuple italien qui seule pourra lui permettre de « satisfaire ses aspirations » (lesquelles en 1936 ? serait-on tenté de demander) et de rendre  » fort, libre et heureux notre pays » (bref les mêmes slogans que ceux que le Régime fasciste affichait partout en  gigantesques  lettres capitales!)

Les origines de la commune

Pierre Saccoman

Pour bien comprendre comment la commune a éclaté, il faut essayer d’analyser ce qui se passait alors : 18 ans d’empire et de répression des oppositions démocratique et ouvrière.

Loin d’être «Napoléon le petit» comme l’appelait Victor Hugo, ou «Badinguet» dont l’affublait l’opposition démocratique et républicaine, Napoléon III a su imposer à la France une véritable «révolution économique» et des réformes profondes, dont le premier résultat est une classe ouvrière naissante et dont le poids commence à compter, particulièrement à Paris.

Quelques éléments de réflexion :

L’Empire est né sur la base de la répression féroce de juin 1848 : après la révolution de février 48 qui allait mettre fin au royaume «orléaniste» de Louis Philippe, les ouvriers parisiens qui furent à l’avant garde de cette révolution représentaient une force non négligeable. Une provocation des dirigeants républicains (la suppression des ateliers nationaux, seule source de revenu de dizaines de milliers de travailleurs parisiens) allait déclencher une répression féroce : plusieurs milliers de fusillés, des dizaines de milliers de proscrits (Guyane, Algérie). Sur cette base, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de l’empereur Napoléon Ier se fait élire -massivement- président de la République en décembre 1848. En 1851, plutôt que de respecter la constitution (le président ne peut faire deux mandats), il fomente le coup d’état du 2 décembre et se fait proclamer Napoléon III, empereur.

Cet Empire était en état de crise permanente, surtout dans ses dernières années où l’Empereur, diminué par une santé défaillante, cédait le vrai pouvoir à une camarilla de généraux et de barons, autour de l’impératrice Eugénie de Montijo.

Les résultats des élections au « corps législatif » de mai 1868 donnaient 4 438 000 voix aux candidats bonapartistes et 3 550 000 aux oppositions libérales et républicaines. Une gifle. L’Empereur décidait alors de « libéraliser » un peu le régime. De plus, le 10 janvier 1870, intervient l’assassinat du journaliste Victor Noir par un cousin de l’Empereur, Pierre Bonaparte. L’enterrement du journaliste mobilise plus d’un million de personnes, on est au bord de l’émeute.

On est à deux doigts de la catastrophe. Aussi l’entourage de l’Empereur se met à préparer une guerre contre la Prusse. Un référendum le 8 mai 1870 sur un «nouvel empire» dit «libéral» donne 7 350 000 voix pour et 1 538 000 voix contre : c’est un échec de la mobilisation démocrate et ouvrière qui commençait à monter. Les souvenirs de Jules Vallès, de Louise Michel, de Maxime Vuillaume nous montrent la déception du monde militant de l’époque. Les préparatifs de la guerre mobilisent le peuple qui conspue les alliés des prussiens (Jules Vallès se fait rudement molesté car il refusait de crier «à Berlin»). Une grande partie des «républicains» modérés se rallie à l’Empire.

L’espoir d’une révolution, fort en 1869, s’éloigne rapidement.

Mais la guerre ne se passe pas comme prévu. L’armée française, qu’on disait invincible parce qu’elle s’était surtout manifestée dans des guerres coloniales (Algérie, Indochine, Mexique), n’était pas prête à combattre contre une armée moderne et bien organisée : la Prusse mobilise très rapidement 500 000 combattants utilisant à fond le transport ferroviaire et se dotant d’une artillerie puissante. La France tarde à mobiliser et n’oppose aux Prussiens que 280 000 hommes car l’administration et le transport de troupes et de matériel prennent du retard. On parle de l’excellent fusil «Chassepot» mais l’artillerie est déficiente. Les obus français sont «fusants» et éclatent en l’air, les obus des canons Krupp sont «percutants» et explosent à l’impact, provoquant plus de dégâts. L’État Major n’a pas tiré les leçons de la guerre de Crimée, de la guerre du Mexique, alors que les généraux prussiens sont à l’avant garde de la modernité et s’inspirent de la guerre de Sécession américaine.

Le maréchal Bazaine se laisse enfermer dans Metz avec 180 000 hommes, puis se rend le 20 août 1870. L’Empereur et le maréchal Mac Mahon sont capturés avec 85 000 hommes le 1er  septembre 1870.

L’armée française est battue à plate couture et les Prussiens arrivent à Paris dont ils font le siège.

A Paris, l’insurrection gagne la population et le 4 septembre est proclamée la déchéance de l’Empire et la naissance de la IIIe République, dirigée par les «républicains» Jules Ferry, Jules Simon, Jules Favre et Gambetta. Thiers qui a des ambitions cachées se propose pour négocier avec les puissances étrangères Angleterre, Italie, Espagne, Autriche et Russie.

Les tentatives de mobilisations populaires de Blanqui le 14 août et de Flourens le 31 octobre sont des échecs.

Dans Paris, une force s’impose : la Garde nationale. Normalement c’est une garde bourgeoise (il faut payer des impôts et payer son équipement) mais pour «soulager» l’armée officielle, bien diminuée par les défaites, on décide en août d’ouvrir la Garde à toute la population et de rémunérer les volontaires à 30 sous par jours : une aubaine pour les nombreux ouvriers condamnés au chômage par le siège mais en même temps un danger de voir 500 000 parisiens armés de fusils et de canons !

Aussi, malgré des déclarations tonitruantes, les «Jules» et les généraux Crochu, Vinoy, Lecompte et Clément-Thomas ne cherchent qu’à gagner du temps. La grande bourgeoisie, l’aristocratie, les banques d’affaires, Thiers ne souhaitent qu’une chose : traiter avec la Prusse quel qu’en soit le prix !

Tous ont une peur bleue du peuple de Paris, tous ne souhaitent qu’une chose : avoir les mains libres pour réprimer la «racaille» !

L’exemple le plus fort : sous l’égide de l’Angleterre, qui craignait une hégémonie prussienne sur l’Europe continentale, s’ouvre une conférence, dite de Londres, avec l’Italie, la Belgique, l’Autriche, qui obtient de Bismark de renoncer à Metz et à la Lorraine. Cependant, Thiers, pressé de «conclure», accepte les prétentions prussiennes. Metz sera allemande !

Il faut ajouter que l’État major et les généraux sont restés profondément bonapartistes et ne veulent pas d’une victoire républicaine. On comprend ainsi pas mal de choses :

1. Quand Gambetta décide de se battre malgré tout, on l’envoie en ballon à Tours pour s’en débarrasser, mais ce «fou furieux» (dixit Thiers), réussit à monter et à mobiliser plusieurs armées bien équipées pour dégager Paris. Malgré quelques succès dûs au nombre et à l’audace, ces armées sont trahies par les généraux, parmi lesquels : d’Aurelle de Paladines, qui, avec l’armée de la Loire (150 000 hommes) aurait pu battre les régiments bavarois (40 000 hommes, moins motivés que les Prussiens) mais prétexte la pluie pour retarder l’assaut alors que la même pluie ne gène pas l’ennemi qui attaque et le bat !
Faidherbe et Bourbaki se laissent surprendre et vaincre, malgré plusieurs succès, remportés par les troupes de Chanzy et de Garibaldi, qui restent ainsi sans lendemain.


2. Pendant que Gambetta et la Garde nationale de Paris veulent se battre, Jules Favre et Thiers négocient en secret avec Bismarck et sont prêts à abandonner l’Alsace et la Lorraine et cinq milliards de francs-or d’indemnité !


3. A Paris les généraux bonapartistes refusent d’utiliser la Garde nationale pour faire une trouée, et de guerre lasse tentent des «sorties» mal organisées (pas de ravitaillement, pas de couvertures pour passer la nuit ) qui se finissent par des déroutes : Champigny et surtout Buzenval, le 19 janvier.


On prétend qu’il n’y a plus de vivres, de nourriture, pour imposer un armistice alors que les restaurants chics de Paris ne ferment pas. Or, le lendemain de l’Armistice, comme par hasard, tout se vend à Paris et cher.

Tout est organisé pour contraindre à une paix humiliante, on organise à la va vite des élections générales pour une assemblée nationale le 8 février 1871, car Bismark ne veut traiter qu’avec des représentants élus. Ces élections sont une mascarade : la paysannerie vote pour la paix à n’importe quel prix, car la plupart des 500 000 prisonniers de guerre sont paysans, la terre réclame leur retour rapide. Ils votent massivement pour les royalistes : 360 députés sont royalistes, contre 150 républicains. C’est une chambre introuvable ! Le seul bémol c’est que les royalistes sont divisés entre légitimistes (le fils de Charles X) et orléanistes (le fils de Louis Philippe). Thiers louvoie et s’impose en se présentant comme la seule alternative contre Paris qui n’a envoyé à l’Assemblée que des députés républicains et rouges.

La situation est explosive : à Paris, 215 bataillons de la garde nationale sur 242 s’organisent et élisent un comité central de la Garde nationale qui s’avère la seule force organisée dans Paris que désertent les bourgeois, les réactionnaires et les «démocrates» modérés, les Jules.

C’est alors que l’Assemblée Nationale décide de «décapitaliser» Paris et s’installe à Versailles sous la protection de l’armée allemande et donnent l’ordre de «désarmer» la Garde nationale.

Une tentative d’insurrection le 31 janvier échoue. Le moral des militants est de nouveau à la baisse.

Les généraux pensent que c’est le moment d’agir : ils envoient la troupe – les divisions Subvielle, Faron et Maud’huy – pour récupérer 271 canons et 146 mitrailleuses ; bien que le Comité central de la Garde nationale prône le «calme», les femmes de Montmartre se mobilisent, font sonner le tocsin, se placent entre la troupe et les canons. Les gardes nationaux les rejoignent et les soldats du 88e bataillon de marche mettent la crosse en l’air.

On est le 18 mars 1871 les soldats massacrent les généraux Lecompte et Clément Thomas qui avaient donné l’ordre de tirer sur la foule.

La commune va commencer…

Conférences organisées dans le cadre du CERMTRI, de 1998 à 2016

Novembre 1998 – Hommage à Vadim ROGOVINE, créateur des Cahiers du mouvement  ouvrier.

Mark GOLOVIZNINE, collaborateur scientifique de l’Institut de sociologie, Académie des sciences de Russie. 

Il a longuement présenté le travail et l’œuvre de Vadim Rogovine. Ce dernier a consacré les huit dernières années de sa vie à rédiger un immense ouvrage sur le stalinisme et le combat de l’opposition de gauche, puis de la IVe Internationale. Défendant des positions fondées sur l’analyse marxiste de l’URSS et du stalinisme, il a effectué ce travail dans des conditions difficiles. Le vent de réaction politique qui soufflait sur le pays l’a obligé à publier quatre des six volumes qu’il a écrits, à compte d’auteur. La diffusion de ces ouvrages a été une longue bataille en Russie. Mais la majorité du tirage total des six volumes publiés (le septième étant inachevé), soit 20 O00 exemplaires, a été diffusée et a suscité des discussions dans divers cercles et groupements politiques ; ils ont aidé et ils aident à la réflexion. 

Mark Goloviznine a ensuite abordé plusieurs problèmes sur lesquels il a lui même plus spécialement travaillé en aidant Rogovine dans les archives : le meurtre de Léon Sedov, ( sur lequel une discussion s’est alors engagée puisque l’assassinat est mis en doute par certains qui voient dans la mort de Sedov le résultat d’une complication médicale sans intervention extérieure), sur ses découvertes dans les archives de Sneevliet, le dirigeant du RSAP hollandais, fusillé par les nazis en 1942, et sur plusieurs points d’histoire du mouvement ouvrier russe.   

15 février 1999 – La politique du “ New deal aux Etats-Unis (1932-1955).

Dona KESSELMAN, universitaire       

La thèse de Dona Kesselman sur le syndicat des travailleurs de l’automobile (U.A.W.) et sur ses “ Deals ” avec l’Etat américain de 1932 à 1955 est une fresque saisissante. Si elle n’a pas pour objet de montrer l’absence d’un parti politique pour la défense des intérêts ouvriers par leurs propres représentants indépendants des deux partis bourgeois traditionnels montre le rôle politique néfaste des dirigeants qui ont constamment apporté leur  soutien au parti démocrate et certains, parfois, au parti républicain, comme John Lewis en 1940.          

Mais quelles que soient les dérives politiques des dirigeants syndicaux, la formation du C.I.O. et de l’U.A.W. avant la guerre a été une bouffée d’air pour les travailleurs américains. Toutes les grèves de 1933 à 1934 dans l’automobile , le textile, chez les camionneurs (cette dernière grève relatée dans le Cahier du CERMTRI n° 51) ont laissé des souvenirs et des traditions de luttes vivaces chez les ouvriers américains.        

La lutte des noirs, celle des travailleurs américains contre la guerre du Vietnam, toutes les grèves contre les licenciements et la baisse du pouvoir d’achat ont démontré la vitalité du mouvement ouvrier américain.                      

10 avril 1999 –  Une Autre Résistance.

Gérald SUBERVILLE, Commandant « Janvier » FFI de l’Hérault     

Gérald Suberville, dans son ouvrage, retrace son combat de résistant pendant la deuxième guerre mondiale. Sous le nom de  Commandant Janvier, il a été responsable de l’Action Ouvrière du Languedoc, branche du MUR (Mouvement Uni de la Résistance). Il a mené un combat, souvent en marge de la plupart des mouvements de résistance gaullistes, pro-anglais et pro-américains et parfois en opposition avec les directions des maquis contrôlés par le P.C. La teneur des tracts et proclamations de l’Action Ouvrière ne laisse  aucun doute sur le caractère prolétarien, révolutionnaire et internationaliste de l’A.O. Celle-ci faisait partie des maquis “ rouges ”.  L’ Action Ouvrière, les FTP, les maquis rouges ne bénéficiaient pratiquement pas de la distribution des armes parachutées.       

Toutes ces actions et ces luttes pour voir, en août 1944, De Gaulle arriver au pouvoir, aidé et soutenu par les dirigeants communistes. Dès son retour de Moscou, Thorez donne la ligne à suivre : “ une seule armée, une seule police, un seul Etat ”. Suberville, sans apercevoir tout de suite les raisons profondes de la politique des dirigeants communistes, comprend qu’il assiste à l’escamotage de la libération sociale. Tous les combattants de l’Action Ouvrière espéraient, comme le dit Suberville, une “ libération révolutionnaire ”. En septembre 1944, l’intégration des F.F.I. et des F.T.P. dans l’armée régulière signe la fin de leurs idéaux.                       

23 octobre 1999 -La Commune de Paris de 1793.

Nicole BOSSUT-PERRON, historienne.       

Cette conférence est un exposé de Nicole Bossut-Perron sur la révolution française à travers le parcours de Gaspard Chaumette,  provincial autodidacte, qui parvint par le journalisme et  son activité dans le club des Cordeliers à devenir le procureur de la Commune de Paris. Personnalité souvent décriée par beaucoup d’historiens officiels, il n’en fut pas moins le porte parole des sans culottes.      

Chaumette a fait preuve d’une constance louable dans la défense des plus pauvres. Avec son éloquence spéciale et chaleureuse, il a été le défenseur des esclaves noirs de Saint- Domingue, le pourfendeur de la réaction cléricale, l’homme qui engagea toutes ses forces pour chasser les Girondins qui complotaient avec la Vendée et l‘Europe monarchique, celui qui défendit jusqu’au bout sa conception de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, celui qui, sur le problème des subsistances et de la loi du “ maximum ” sur les prix, a soutenu les plus démunis.       

Chaumette restera par son humanité, celui qui pensait pouvoir défendre contre tous, les intérêts du peuple.      

Il faut lire le livre de Nicole Bossut-Perron, c’est un apport important à l’histoire de la Révolution française dont tous les acquis sont  aujourd’hui remis en cause.   

22 janvier 2000 –  Pierre Monatte et le syndicalisme révolutionnaire

Colette CHAMBELLAND, historienne, conservateur de la  bibliothèque du Musée social.        

Dans cette conférence, Colette Chambelland, retrace la vie de Pierre Monatte et son évolution après son départ du P.C.F. en 1924. Les lecteurs des Cahiers du CERMTRl pourront trouver un compte rendu de l‘exposé de Colette Chambelland et des débats qui ont suivis dans une petite brochure que nous avons édité. Trotsky appréciait Pierre Monatte pour l’avoir côtoyé lors de son séjour en France avant la première guerre mondiale. Il avait suivi et approuvé les efforts de Pierre Monatte pour faire paraître “ la Vie Ouvrière ”, revue destinée à fournir à tous les militants les matériaux , informations et analyses nécessaires dans leur combat contre le capital. Monatte fut avec Rosmer et quelques autres, peu nombreux, ceux qui sauvèrent l‘honneur de la classe ouvrière française en 1914 en refusant l‘Union sacrée. Après la guerre, c’est avec enthousiasme qu’il accueille la victoire de la Révolution russe.        

Toute sa vie il a été partisan de l’indépendance du syndicat par rapport aux partis et aux gouvernements. Entré au P.C.F. en 1923, il collabore à l’Humanité, mais il ne se sent pas à l’aise dans le parti. Avec Rosmer, Chambelland et plusieurs militants, il est exclu du parti en 1924. En 1925, avec Rosmer il fonde la Révolution Prolétarienne, revue syndicaliste communiste, qui deviendra en 1930, revue syndicaliste révolutionnaire.       

On peut dire de Pierre Monatte qu’il est resté toute sa vie fidèle à ses idées. Etranger à toutes sortes d’arrivisme, refusant toute   promotion sociale, intellectuel de grande culture, il a vécu comme un drame personnel la perversion du socialisme par les bureaucrates.        

Pour les militants politiques et syndicalistes, il restera un modèle d’intégrité et de dévouement à la cause ouvrière.       

14 juin 2000 – Histoire du POUM  

Wilbaldo SOLANO, dirigeant du POUM pendant la révolution espagnole.      

A l’occasion de la parution de son livre ( Histoire du POUM ) Wilbaldo Solano a prononcé une conférence dans laquelle il a évoqué son expérience de dirigeant du POUM dans la révolution espagnole. En 1935 il avait été le secrétaire de la jeunesse communiste ibérique et à ce titre, membre du Comité exécutif du Parti Ouvrier d’unification Marxiste, dont il a été, au lendemain de la guerre, le secrétaire général pendant de nombreuses années.      

Son expérience et sa participation à la révolution espagnole sont relatées dans son livre.       

Personne ne peut contester le courage et l’abnégation des militants du POUM dans la révolution, alors que ces militants ont été ignoblement calomniés par le stalinisme, emprisonnés, torturés et assassinés comme ce fût le cas de leur principal dirigeant Andrès Nin.     

Dans la discussion, il a été fait référence à la magistrale analyse de Trostky sur les causes de la défaite de la révolution espagnole. La politique de collaboration des classes du Front populaire a permis aux staliniens et aux bourgeois de briser l’élan révolutionnaire des masses.     

25 novembre 2000 – Révolution et contre révolution en Hongrie et Europe centrale (mars-août 1919).

Dominique GROS , professeur à l’université de Bourgogne (Dijon) .      

Le conférencier est  revenu sur l’importance des évènements qui se déroulent à la suite de la Révolution russe et de la conclusion de la première Guerre mondiale, en Europe centrale  en liaison avec les bouleversements qui secouent l’Allemagne.      

L’expérience de la révolution hongroise, l’examen de la politique suivie par le jeune parti communiste hongrois, le rôle des conseils   ouvriers, la fusion des partis socialiste et communiste, ont fait l’objet d’une thèse présentée par Dominique Gros qui sera le cœur de son exposé. Ainsi que le rôle des puissances dans la chute de la Commune de Budapest et le démantèlement de la Hongrie, sans ignorer pourtant les faiblesses Bela Kun.  

26 Janvier 2001 –Buonarroti, présentation d’une biographie politique.

Jean Marc SCHIAPPA, historien.   

Buonarroti était un jeune noble de Florence ; dans les ancêtres de sa famille, on compte le grand Michel-Ange.  Né en 1761, influencé par les idées des Lumières, il devient un journaliste surveillé. Il doit quitter la Toscane pour la Corse où, dès l’automne 1789, il devient un personnage révolutionnaire et où il rédige le « Giornale Patriottico di Corsica« .          

Avec l’accentuation de la Révolution, il rompt avec Paoli et rejoint Paris où il fréquente Robespierre. Agent du Comité de salut public, il est emprisonné pendant la réaction thermidorienne. Communiste, il est un des dirigeants de la Conjuration pour l’Egalité, dite de Babeuf, premier parti communiste réellement agissant, disait Marx. Echappant de peu à la guillotine, il est emprisonné, exilé, surveillé de 1797 à sa mort en 1838, sous tous les régimes, en France, en Suisse, en Belgique, en France à nouveau. Il anime des sociétés secrètes communistes dans tous les pays et il rédige la Conspiration pour l’Egalité, dite de Babeuf, histoire de la Conjuration des Egaux, en 1831, qui va tellement influencer les révolutionnaires du XIXe et du XXe siècle.                            

21 mars 2001-  « Guerre froide, grèves rouges  -1947-1948 » 

Robert MENCHERINI, professeur  à l’Université d’Aix en Provence     

Pour présenter son livre Robert Mencherini  disait cela : « Pour simplifier, disons que ces grèves résultent d’une  combinaison. D’une part, la création du Kominform laisse croire à de nombreux militants du PCF que la volonté de Staline est de revenir – après la période d’union nationale – à une opposition de classe et aux moyens d’action traditionnels de la classe ouvrière (dont la grève). De l’autre le mécontentement lié à une dégradation du niveau de vie pousse effectivement les salariés à l’action. Et les communistes, qui essayaient   jusqu’alors peu ou prou de contenir les grèves, ne freinent plus un mouvement qu’ils pouvaient d’ailleurs difficilement endiguer plus longtemps, ainsi que les grèves Renault l’avaient démontré en mai 1947. Mieux, certains d’entre eux vont y voir les prémices d’un révolution, Maurice Thorez de retour de Moscou, s’emploiera avec difficultés à rectifier le tir : c’est une autre forme d’union nationale qu’il faut construire, y compris avec une fraction du patronat, mais cette fois contre l’impérialisme américain ».     

12 mai 2001 – Les ouvriers en URSS de 1918 à 1941. 

Jean-Paul DEPRETTO, Professeur d’Université à Toulouse  

J.P Depretto a longuement travaillé sur les documents d’archives pour étudier la formation de la classe ouvrière soviétique des   lendemains de la révolution à la guerre.  Il s’est penché en particulier sur la période de la collectivisation et des deux plans quinquennaux.  Il a publié sur la base de ses travaux un ouvrage « les ouvriers en URSS » dont le numéro 13 des « Cahiers du mouvement ouvrier » rend   compte. 

A la question « Qu’avez-vous voulu démontrer dans ce livre? » J.P.Depretto répond :  » Ce livre est tiré de ma thèse, soutenue en 1997. Mon ambition de départ, démesurée, était d’expliquer la transformation du régime soviétique en une autocratie capricieuse et meurtrière. Je cherchais à établir un lien entre cette évolution politique et les changement sociaux survenus dans les années vingt et trente ».     

9 juin 2001 – « Témoignage sur l’histoire de l’URSS » 

Levon LAZAREV, sculpteur à St Pétersbourg.     

Il a apporté son témoignage sur l’histoire de l’URSS. Fils de Constantin LAZAREV, adhérent au Parti Bolchevique à 18 ans en 1916, arrêté et condamné « pour activité trotskyste » en 1932, fusillé en 1937 à l’issue d’un procès public.    Apprendre l’existence de trotskystes, de militants qui entendent « préserver la mémoire du mouvement ouvrier, son passé, son histoire réelle« , a été pour lui une immense joie et il accepté avec enthousiasme de partager avec nous son expérience, ses réflexions, ses interrogations.     

20 octobre 2001 – Les mouvements révolutionnaires et la contre-révolution au Viet-Nam- 1920 à 45

NGO VAN militant révolutionnaire vietnamien et écrivain      

Ngo Van est l’auteur de deux ouvrages : « Viet Nam 1920-1945, révolution  et contre révolution sous la domination coloniale » et « Au pays de la cloche fêlée ». Il rédigera ensuite « Au pays d’Héloïse », ouvrage inachevé.      

En désaccord avec la politique de front unique entre l’organisation officielle de la IVe Internationale dirigée par Ta Thu Thau et les staliniens vietnamiens, il participa à la fondation d’un groupe intitulé « La Ligue des communistes internationalistes pour la construction de la IVe Internationale »      

Jusqu’à son exil en 1948, il prit une part active, avec son groupe à la lutte contre le pouvoir colonial et les staliniens.      

1er Décembre 2001 – Un débat sur le Staline de Jean-Jacques Marie

Animé par Philippe ROBRIEUX, historien, Directeur de recherches au CNRS 

Auteur de Maurice Thorez, vie privée, vie publique, Notre génération communiste, Histoire intérieure du Parti Communiste, ancien membre de la direction du PCF est spécialiste reconnu de l’histoire du stalinisme.       

Le « Staline » de Jean-Jacques Marie est plus qu’une approche de la personnalité de Joseph Staline, de ses méthodes, c’est une immense fresque historique couvrant la première moitié du XXe siècle.     

23 mars 2002  – La Négociation, La crise au PCF – été 1940

Roger BOURDERON, historien      

Roger Bourderon a présenté son ouvrage, La Négociation. Négociation engagée en juin 1940 entre la direction du PCF, représentée par M. Tréand, et l’ambassade allemande. Il a insisté sur l’ignorance dans laquelle étaient tenus les militants à propos de ces négociations, qu’il a qualifiées « d’aberration ». Une riche discussion s’est engagée ensuite.      

François de Massot a, dans cette discussion, souligné qu’on ne pouvait comprendre ces négociations qu’en partant de la subordination totale de la direction du PCF au Kremlin et à se intérêts diplomatiques d’Etat.    

8 juin 2002 –  La scission syndicale (1947-1948)

R. SANDRI, militant syndicaliste ancien membre du bureau confédéral de la CGT FO      

La scission syndicale de 1947, sans doute la plus durable que le mouvement ouvrier français a connu. Pourquoi cette scission ? Difficile de ne pas évoquer la situation de la classe ouvrière depuis la fin de la 2éme guerre mondiale, le tripartisme gouvernemental, la guerre froide, pour comprendre ce qui va déboucher sur la division du mouvement syndical que certains pensaient très provisoire.      

Depuis la fin de la guerre les travailleurs cherchent les voies du combat, il y a eu des grèves dans la métallurgie, dans la presse, dans les PTT, qui se sont heurtées au gouvernement. Un gouvernement « tri- partiste », c’est-à-dire une alliance MRP (gaullistes-démocrates-chrétiens), SFIO (socialistes) et PCF (communistes), que la grève Renault de mai 1947 a brisé. Fin 1947, début 1948 nouvelles grèves très dures dans les mines, l’industrie, avec des affrontements sanglants à Saint-Etienne, Marseille, dans le Nord et le Pas de Calais, où le PCF a joué un rôle important..      

C’est dans cette situation que va s’effectuer la scission de la CGT . Ce n’est pas la première scission. En 1921, la CGT-U (communistes et syndicalistes révolutionnaires) avait quitté la CGT, mais en 1936 la réunification avait eu lieu. En 1939 le pacte germano-soviétique et la préparation de la guerre avaient eu raison de l’unité, reconstituée peu après dans la clandestinité.      

Cette scission est un tournant, c’est une page d’histoire : les interprétations sont diverses, les explications aussi. Certains y ont vu une ingérence internationale, d’autres une volonté de la base de ne pas accepter une domination politique.     

1er février 2003 – Les manuels d’histoire aujourd’hui 

Odile DAUPHIN, professeur d’histoire-géographie  

Quels changements ?  Quelles suppressions ?  Quelle vision du mouvement ouvrier ?  Quelle vision des révolutions, de la révolution française et de la révolution russe en  particulier ?  Quelle vision du socialisme, du communisme et du stalinisme ?  Quelle vision du colonialisme et de la décolonisation ?     

17 mai 2003 –  La révolution finlandaise

Maurice CARREZ,historien, université de Dijon, spécialiste de la Finlande         Dans la Finlande, ancienne province de l’Empire russe, devenue indépendante le 6 décembre 1918, éclate fin janvier 1918 une révolution ouvrière, animée par des sociaux-démocrates qui rêvent d’instaurer dans le pays une authentique démocratie sociale.      

Face à cette révolution qui gagne tout le sud du pays, la bourgeoisie finlandaise, regroupée autour du général tsariste Mannerheim, forme ses détachements blancs et appelle à l’aide la monarchie allemande. Après trois mois de combats, les gardes blancs, aidés par les 12000 hommes de la division Von Der Goltz, écrasent la révolution, ouvrent les premiers véritables camps de concentration de la guerre civile et déclenchent contre les révolutionnaires vaincus une répression brutale qui laissera de longues traces dans la conscience ouvrière finnoise. L’écrasement sanglant de ce mouvement révolutionnaire sonnera comme un avertissement aux oreilles des bolcheviks, Maurice Carrez évoquera cette révolution écrasée si souvent oubliée dans l’histoire.     

15 novembre 2003 –  Zimmerwald, Kienthal et le mouvement ouvrier français

Pierre ROY, historien      

En septembre 1915, des militants allemands, français, italiens, russes, polonais, roumains, bulgares, suédois, hollandais et suisses, hostiles à la guerre impérialiste, se rencontrent à Zimmerwald, en Suisse, pour définir ensemble le combat contre elle. Ils renouent ainsi les liens du mouvement  Ouvrier international rompus par le ralliement massif des dirigeants socialistes à l’Union sacrée. Une seconde conférence plus large et plus nombreuse se tiendra à Kienthal, en Suisse, en avril 1916. 

Le N° 21 des Cahiers du mouvement ouvrier publie un extrait du livre de Pierre Roy consacré à Pierre Brizon, un des seuls députés   socialistes qui va participer à la conférence de Kienthal, et qui votera contre les crédits de guerre.    

14 février 2004 – Débat sur la guerre d’Espagne

Introduit par François GODICHEAU, historien     

François Godicheau est l’auteur d’un petit livre sur la Guerre d’Espagne intitulé « Les mots de la guerre d’Espagne », est sorti aux éditions du Mirail qui présente les divers aspects de la Guerre d’Espagne et de la Révolution espagnole. Il a présenté son livre et fait état de ses recherches et travaux sur cette question.    

8 mai 2004 –  Débat sur le LENINE de Jean-Jacques Marie

Animé par Gérard GOME, historien         

L’activité politique de Lénine soulève depuis longtemps d’innombrables questions : sur la division entre bolcheviks et mencheviks   esquissée dès 1903, sur son combat apparemment obscur dans l’émigration, sur son rôle tout au long de 1917, des thèses d’avril à l’insurrection d’octobre, lors des débats de Brest-Litovsk, pour la fondation de l’instrument indispensable à la révolution mondial (l’Internationale communiste), sur son attitude pendant la guerre civile, sur son ultime combat inachevé contre le stalinisme.    

9 octobre 2004 – L’anarcho-syndicaliste, des anarchistes dans la lutte des classes de 1960 à 2002 

Présentation de Christophe Bitaud, conférence avec Alexandre HEBERT et Jo SALAMERO       

Il s’agit d’un recueil de 44 articles parus dans l’anarcho-syndicaliste, journal de l’Union des anarcho-syndicalistes -UAS- de 1960 à 2002 . Il illustre le rôle des militants de l’UAS dans la lutte des classes, dans la défense de l’indépendance syndicale.       

La lecture de cet ouvrage est source  d’enseignements pour les historiens et les militants ouvriers.  Les premiers y trouveront l’essentiel pour retracer l’histoire d’un courant du mouvement ouvrier qui a incontestablement marqué son époque ne serait-ce qu’au travers de la naissance et du développement de la CGT-FORCE OUVRIERE.      

Quant aux seconds, ils pourront confronter leurs points de vue avec ceux des auteurs sur l’internationalisme, la laïcité, l’indépendance syndicale.     

Cette conférence doit ainsi permettre de préciser la place de l’anarcho-syndicalisme dans l’histoire du mouvement ouvrier.     

12 février 2005 – 1905, le centenaire de la révolution russe et les premiers soviets. 

Jean-Jacques MARIE, historien     

Il y a cent ans éclatait la première révolution russe, ouverte par le dimanche rouge au cous duquel l’armée du tsar abattit près de 2000 ouvriers, ouvrières et leurs enfants qui voulaient lui remettre une pétition exposant leurs revendications.      

C’est au cours de cette révolution qu’ont été en effet constitués les premiers soviets ou conseils ouvriers qui, en 1917, rassembleront peu à peu la masse des ouvriers, des soldats et des paysans face au gouvernement provisoire décidé à poursuivre une guerre sanglante et sans issue et à protéger coûte que coûte le système de la propriété des moyens de production, que la révolution d’octobre abolira.      

La révolution de 1905 a été battue, elle intéresse donc beaucoup moins les spécialistes des livres noirs de toutes sortes. Sorti simultanément avec la tenue de cette conférence, le n° 25 des Cahiers du mouvement ouvrier est presque entièrement consacré à la révolution de 1905 et publie documents inédits et caricatures d’époque.     

2 avril 2005 –   Le catholicisme social en action (Autriche 1934-1938) 

Paul PASTEUR, professeur d’université à Rouen.       

Le large traitement médiatique, nécessaire, du fascisme et du nazisme contraste avec la discrétion dont sont entourés les régimes corporatistes comme celui de Salazar au Portugal et plus encore le catholicisme social autrichien. Or celui-ci a été mis en pratique, après l’écrasement du mouvement ouvrier autrichien, quatre ans durant sous l’égide des chanceliers catholiques Dolfuss puis Schussnig.      

Les traits caractéristiques de ce corporatisme catholique (syndicat vertical, l’entreprise cellule de base de la société ou communauté d’entreprise, la liquidation des conventions collectives, la rentabilisation de la protection sociale etc …) méritent d ‘autant plus d’être étudiés qu’ils ont laissés un héritage bien loin d’appartenir à un passé révolu.      

Paul Pasteur a étudié dans son ouvrage les mécanismes et les conséquences de ce catholicisme social en acte ainsi que la résistance opposée à ce système par les syndicats libres clandestins et les problèmes soulevés par les moyens mis en œuvre. La connaissance de ce catholicisme social autrichien est donc un élément de compréhension du présent.    

9 avrilI 2005 –  EXPOSITION – CONFERENCE                       

Les visiteurs ont apprécié les affiches sélectionnées dans notre fonds concernant  la révolution d’octobre 1917, la révolution espagnole de 1936 et  la solidarité internationale. 

L’après-midi, de 15h00 à 17h30, sous la présidence de Pierre Lambert :les visiteurs ont également pu participer à une conférence de François GODICHEAU, auteur du livre récent « La guerre d’Espagne », sur la politique de la CNT en 1936-1938, et les conséquences pour ses militants, soumis à une brutale répression.  Une intervention d’Andreu Camps sur la politique de la CNT vis à vis du syndicat vertical franquiste après la défaite de la révolution.  Des témoignages de camarades qui à divers moments ont participé aux campagnes  internationales de solidarité (Gérard Bauvert, Alain Challier, Pierre Levasseur, Jean-Jacques Marie, Victoria Melgar, Hélène Carrera, Frédéric Castaing).               

19 novembre  2005 –  EXPOSITION – CONFERENCE 

« 100 ème anniversaire de la révolution russe de 1905 – 65 ème anniversaire de l’assassinat de Léon Trotsky »      

Des documents originaux, présentés sur 25 panneaux, illustraient la place de Léon Trotsky dans la lutte des classes mondiale de la révolution de 1905 à son assassinat en 1940.  Sous la présidence de Daniel Gluckstein, Pierre Lambert et Jean-Jacques Marie sont intervenus sur la place de Trotsky et du trotskysme dans l’histoire et aujourd’hui.   

3 décembre 2005 – « La fédération unitaire de l’enseignement (1919-1935).  

Loïc LE BARS,historien. 

De 1919 à 1935 une poignée d’enseignants, essentiellement des instituteurs et des institutrices, va s’efforcer de construire une organisation syndicale pouvant répondre à leur espoirs révolutionnaires .De la guerre 1914-18 jusqu’à la réunification syndicale de 1935-36, la période est riche d’évènements, souvent dramatiques pour la classe ouvrière. Les créateurs de cette fédération syndicale, après avoir combattu, pendant la guerre, l’union sacrée, vont s’enthousiasmer pour la Révolution d’Octobre, adhérer pour beaucoup d’entre eux au Parti communiste et participer à la fondation de la CGT-U. Très vite ils vont être confrontés au stalinisme et à la dégénérescence de l’union soviétique. Mais ils ne vont jamais renoncer à la construction de leur organisation syndicale qu’ils veulent indépendante et révolutionnaire. Ils vont se trouver confrontés à des questions qui restent d’actualité : syndicalisme révolutionnaire et minoritaire ou syndicalisme de masse ? Refus de s’engager dans une action politique ou utilisation du syndicat comme substitut au parti ouvrier que l’on renonce à construire ?     

17 juin 2006-  « JUIN 36 La révolution française a commencé » 

Guillaume CHIRIER, professeur d’histoire    

Avec les témoignages de Pierre Lambert, Max Clémenceau, Paul Parisot et Louis Eemans. Le 12 février 1934 les travailleurs de la région parisienne veulent l’unité SFIO et PCF contre la menace fasciste. L’unité est réalisée lors de la manifestation de la Nation. En août 1935 les ouvriers de l’Arsenal de Toulon et de Brest manifestent contre les baisses de salaires, dressent des barricades pour répondre aux agressions de la police qui tuent un ouvrier à Brest, huit à Toulon. Les marins du Havre font grève eux aussi pour leur salaire.      

C’est le début d’un mouvement profond de la classe ouvrière française qui, après la défaite électorale des partis réactionnaires aux élections d’avril- mai 1936, va déferler en mai et juin par la grève générale qui submerge pendant des semaines des usines et des villes entières.      

La classe ouvrière a utilisé la victoire électorale de la coalition parlementaire du Front Populaire pour s’engager dans un mouvement qui ébranle l’ordre bourgeois de bas en haut. La bourgeoisie va multiplier les concessions pour faire refluer le mouvement.     

7 octobre 2006 –   «Le sang des communistes. Les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941 » 

Jean-Marc BERLIERE et Frank LIAIGRE historiens.       

Si les otages de Chateaubriand monopolisent la lumière mémorielle, les auteurs des attentats à l’origine des représailles  sont, eux, depuis de lustres, laissés dans un brouillard épais . Le parti communiste ne laissa filtrer qu’en 1950 la vérité sur l’attentat de Nantes, qui sera suivi de l’arrestation des otages fusillés à Chateaubriand. De plus les auteurs de cet attentat sont traînés dans la boue les rares fois où l’on parle d’eux. Et qui se souvient de leurs camarades de combat fusillés en mars 1942 après avoir été traqués et arrêtés par une police, qui de son propre côté honore ses propres martyrs mais jamais ses victimes.        Combien de commémorations drainent leur lot de mensonges et d’ellipses. La période 1941-1945 n’échappe pas à la règle.     

3 février 2007 –  «  La Hongrie libérée » Etat, pouvoirs et société après la défaite du nazisme   (Septembre 1944-Septembre 1947).

Julien PAPP, historien      

Pour situer le sujet, un aperçu sera d’abord donné sur les Etats de l’Europe orientale au début et à la fin de la 2e Guerre mondiale.   Après avoir rappelé les difficultés d’accéder à une histoire « vue d’en-bas », J.Papp cherchera à montrer l’importance des mouvements et aspirations populaires dans les pays de cette région.      

L’effondrement des régimes associés à l’effort de guerre et aux crimes du nazisme a créé un peu partout des vides politiques. C’est le temps des règlements de compte et de la reconstruction des Etats.      

La République remplace les dictatures réactionnaires, monarchistes ou militaires, dont le ciment ont été presque sans exception les Eglises et les pouvoirs cléricaux. Autant dire que la République annonce la laïcisation des Etats et de la vie publique. Ce fait est d’autant plus vivement ressenti que l’Eglise est restée, dans plusieurs pays de la région, parmi les plus grands propriétaires fonciers, et que les pouvoirs issus de l’effondrement s’attaquent à la question agraire, qui est ici un problème millénaire. Aussi, le partage des terres, détruisant les fondements des régimes autoritaires semi-féodaux, constitue-t-il un événement révolutionnaire.      

Dans les pays qui possèdent des concentrations industrielles assez importantes (Tchécoslovaquie, Pologne, Hongrie), la naissance spontanée des comités d’ouvriers, fondateurs d’une démocratie authentique, est une autre dimension des transformations profondes qui se dessinent après la défaite du nazisme.       Dans une situation de guerre civile, et après l’instauration du rideau de fer, solution perfectionnée du cordon sanitaire de 1918-1920, la dictature stalinienne va jouer pleinement ce rôle par l’entremise des partis fidèles à Moscou, dont la soumission n’a cependant pas été aussi préméditée et élaborée que le présente la plupart des travaux sur le sujet.  

1 – Julien Papp, La Hongrie libérée. Editions Presses Universitaires de Rennes – 2006 (365 pages)

16 juin 2007 – Signification et ampleur de l’insurrection de mai 1937 à Barcelone

Andreu CAMPS,militant intenationaliste  

Le 3 mai 1937, le commissaire à l’ordre public de la Généralitat, stalinien, dirige l’assaut du bâtiment de la Téléphonica, alors sous   contrôle ouvrier, comme toutes les entreprises services publics, à Barcelone et dans toute la Catalogne.  En réponse à cette provocation, Barcelone et sa banlieue industrielle se remplissent à nouveau de barricades. C’est la deuxième fois, après l’insurrection ouvrière contre le coup d’état fasciste du 19 juillet 1936 que la classe ouvrière a le pouvoir entre ses mains. Mais, dès le 14 mai, le gouvernement, la direction de la CNT, appellent à déposer les armes. La direction du POUM cède face à la politique de la CNT. Le gouvernement de la république envoie des troupes pour rétablir l’ordre.  Il s’ensuit une répression généralisée contre tout le mouvement ouvrier, en particulier contre les militants de la CNT, du POUM, mais aussi des militants socialistes qui ont participé à l’insurrection.  Les seules organisations qui soutiennent inconditionnellement les objectifs de l’insurrection de mai, c’est à dire la défense des conquêtes du 19 juillet , sont les Amis de Durruti, fraction de la CNT et la section bolchevique-léniniste. La défaite  de mai 1937 signifie un tournant  dans la suite de la guerre contre Franco.  Quelles sont les leçons  de cette insurrection ?  La clase ouvrière a-t-elle été défaite ?  Pourquoi Trotsky se range-t-il inconditionnellement derrière les insurgés de mai ?  Autant de question débattues lors de la conférence qui s’est terminée par la projection d’un film documentaire réalisé sur cette période par le POSI (IVe Internationale)            

1er décembre  2007- La culture et l’art en URSS au lendemain de la Révolution d’Octobre 1917

Gérard MASSON, artiste peintre     

Dans un pays qui, après les destructions et les massacres de la Guerre Mondiale, devait faire face à la guerre civile, à l’intervention étrangère, au blocus économique, à la famine, au froid, aux épidémies, le souci des valeurs culturelles ne pouvait-il pas apparaître comme un luxe inadmissible ?   Il n’en a rien été. Il faut dès lors s’interroger : quelles sont les mesures prises par le gouvernement révolutionnaire dans un pays en proie à la famine et à la pénurie de papier, en faveur de l’instruction publique, de la culture, du patrimoine architectural, de l’art contemporain et de la littérature ?          

Quelles sont les attitudes des dirigeants bolchéviques vis-à-vis des expressions artistiques très diversifiées, parfois tumultueuses ? Quelles attitudes devant les prétentions du mouvement Proletkult au monopole de « l’art prolétarien » ?        Comment, dans d’épouvantables conditions matérielles d’existence, des innovations sont-elles apportées en peinture, en architecture, dans le cinéma naissant,… et pour la vie quotidienne ? Les chemins de Chagall, Kandinsky, Malevitch, El Lissitsky, Tatlin, Leonidov, Maïakowski, Essenine, Pasternak, Meyerhold, Dziga Vertov, Eisenstein,… croisent ceux de Lénine et Trotsky, de Boukharine, de Lounatcharski, …          

Aujourd’hui, à l’occasion du  90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917 des plumes intéressées amalgament communisme et stalinisme, présentent  Staline comme le continuateur de Lénine, assimilent la politique culturelle du gouvernement révolutionnaire avec le carcan policier du réalisme socialiste.           

Dans ce domaine, comme dans les autres, il importe pour pouvoir mener un véritable débat de rétablir les faits.   

16 février 2008 – Accès aux archives et liberté de l’histoire  

Sonia COMBE           

La Révolution française avait décidé d’ouvrir aux citoyens l’accès aux archives jusqu’alors réservé à un petit nombre de privilégiés. La loi du 7 messidor an II stipulait : « Tout citoyen peut demander des documents qui sont conservés dans les dépôts des archives aux jours et heures qui sont fixés. »               

Depuis lors l’Etat a multiplié les mesures pour émasculer cette loi du 7 messidor en instaurant par divers biais, écrit Sonia Combe «  le secret et la dissimulation, deux armes de la raison d’Etat », levés pour les seuls historiens réceptifs aux exigences de cette dernière.              

Le principe, par ailleurs aussi constamment bafoué dans la vie quotidienne – du respect de la vie privée permet ainsi de refuser la communication de documents historiques essentiels ,sauf aux bénéficiaires de dérogations. C’est l’un des aspects scandaleux de la gestion des archives dans notre pays, qui aboutit à donner à certains historiens bien en cour un contrôle réel de l’utilisation et la sélection des archives sur des sujets sensibles.                   

La question ne concerne ainsi pas les seuls historiens ou spécialistes, loin de là car dérogations et mesures restrictives facilitent la rédaction d’une histoire plus ou moins biaisée, dont un académicien français, récemment passé de vie à trépas, a donné un exemple particulièrement remarquable. Le privilège accordé aux historiens dociles à la raison d’Etat facilite l’ apparition « d’ouvrages rédigés à partir d’archives plus confisquées que d’autres (…) qui portent l’effet pervers de la dérogation. Tantôt discrète, d’autres fois grossière. Leur lecture permet de saisir les mécanismes de censure invisible et d’autocensure qu’induit le régime dérogatoire. »                  

Cette question qui concerne aussi bien le lecteur que l’auteur d’ouvrages historiques portant sur la période contemporaine sera discutée à partir d’une introduction à la discussion de Sonia Combe     

15 novembre 2008 – 1958 : Comment De Gaulle a pris le pouvoir

 Dominique GROS, professeur à l’université de Bourgogne (Dijon)  

En mai 1958, à la suite d’un véritable coup d’Etat militaire, les institutions étaient profondément modifiées. Après un “pronunciamiento” – les chefs de l’armée s’étaient “prononcés” pour le retour au pouvoir du général de Gaulle – était instituée la Ve République ratifiée par un plébiscite le 28 septembre 1958.   Le 50ème anniversaire de ces événements aux profondes conséquences n’a pas suscité la fièvre commémorative entraînée par le 40ème anniversaire de mai 1968. Pourtant, l’un des mots d’ordre les plus repris dans les immenses manifestations qui préludèrent à la grève générale et qui devaient ensuite l’accompagner fut : “Dix ans, ça suffit !”   

Nous n’en sommes pas à dix mais à cinquante ans. Les gouvernements actuels et bien d’autres se félicitent de la stabilité des institutions…   Il est en effet utile, en 2008, alors que c’est dans le cadre des institutions mises en place en 1958 que des décisions affectant la vie de millions de personnes sont prises au nom de l’action contre le krach financier, de revenir sur les conditions dans lesquelles la Ve République a été instituée, sur la manière dont les organisations se réclamant de la classe ouvrière ont réagi au coup d’Etat, ainsi que sur le caractère de la Constitution de la Ve République elle-même.    

7 février 2009 –  Pierre Naville

Alain CUENOT, professeur agrégé d’Histoire auteur d’une thèse et d’un livre.   D’abord membre du mouvement surréaliste et du Parti Communiste, et soucieux plusieurs années durant de prolonger l’activité surréaliste dans le militantisme communiste,  Pierre Naville, après avoir rencontré Trotsky à Moscou en 1927, est devenu de 1929 à 1939 l’un des principaux dirigeants de l’Opposition de gauche en France et à l’échelle internationale, puis de la section française de la IVe Internationale dont il fut membre du Secrétariat International. Il a, à cette époque, manifesté plusieurs fois des désaccords importants avec les positions et propositions de Trotsky.  En 1939, il rompt avec la IVe Internationale, dont l’assassinat de Trotsky en août 1940  annonce à ses yeux la fin, et dont il juge un peu plus tard les analyses dépassées. Il entreprend alors la rédaction d’une biographie du philosophe matérialiste du XVIIIe siècle, d’Holbach. 

Après la guerre Pierre Naville a mené une double activité :  

– politique d’un côté, en participant à diverses organisations (au Parti Socialiste Unitaire  de d’Astier de la Vigerie, soutenu par le Parti Communiste Français, puis à plusieurs groupes se réclamant de la « nouvelle gauche » et enfin au Parti Socialiste Unifié longtemps dirigé par  Michel Rocard). Il mène alors campagne pour la formation d’un nouveau « front populaire » 

– scientifique, en temps que sociologue du travail et philosophe, et auteur à ce titre de nombreux ouvrages (entre autres Psychologie, marxisme, matérialisme et De l’Aliénation à la jouissance, genèse de la sociologie du travail chez Marx et Engels) qui ont fait de lui à cette époque dans l’intelligentsia française l’un des seuls représentants de l’école du matérialisme historique. Il s’est attaché à développer une analyse personnelle du capitalisme.    

13 juin 2009 – L’enseignement de l’histoire géographie de l’école élémentaire au lycée :  vecteur de propagande ou fondement de l’esprit critique ?

Odile Dauphin, Rémy Janneau et Nicole Perron, coordinateurs du livre : « L’enseignement de l’histoire géographie de l’école élémentaire au lycée  : vecteur de propagande ou fondement de l’esprit critique ? » 

« L’Union européenne nous a apporté la paix et la prospérité ».  « L’UE est une référence pour d’autres organisations régionales comme l’ASEAN et le Mercosur ».  « Son principal défi est la poursuite de la construction des institutions européennes, qui se fait très lentement, même si le traité de Lisbonne de 2007 a permis de sortir de l’impasse due au rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas en 2005 ».  Ces présentations de l’Union européenne sont-elles des extraits de discours ou de tracts électoraux en vue des élections du 7 juin ? Non, on peut les lire dans des manuels scolaires de terminales 2008 (Hatier, Nathan). 

« Qu’est-ce qui, dans la vie de Saint-Louis, justifie que l’Eglise décide d’en faire un saint après sa mort ? » Question posée dans un livre de catéchisme ? Non, dans un livre d’histoire de cinquième (Hachette 2005).  Affirmatif cette fois, le Bordas de seconde 1996 écrit « L’historien ne peut se prononcer sur la résurrection » (de Jésus). La biographie de jésus (avec portrait) figurant entre celles d’Olympes de Gouges et de La Fayette (index du Nathan/Le Quintrec de seconde 2005). Quoi de mieux pour confondre récit religieux et démonstration historique ? 

La prise de la Bastille ? Des Parisiens « inquiets des rumeurs selon lesquelles le roi rassemblerait des troupes autour de Paris, pour faire face à ce qui semble être une tentative de coup de force ». Voici un fait attesté transformé « en rumeurs », et la tentative (manquée) du roi de reprendre son pouvoir absolu niée grâce à un curieux emploi du conditionnel. De qui ces falsifications de la connaissance historique la mieux certifiée ? D’un pamphlet royaliste ? Non, vous les trouverez dans le manuel de seconde Bréal 2005.     

14 novembre 2009 – Jeunesses socialistes  1944-1948. Socialisme contre social-démocratie.

Jean-Jacques Ayme, auteur de cet ouvrage.

A la Libération, la direction du Parti socialiste SFIO décide de reconstituer le mouvement des Jeunesses socialistes qui doit lui servir de pépinière. D’abord insensiblement, puis de plus en plus nettement, les aspirations des Jeunesses socialistes s’opposent à la politique de reconstruction nationale défendue par tous les grands partis.  Dès 1946, les jeunes socialistes s’émancipent… Ils sont alors de tous les combats : coup-de-poing contre les fascistes, soutien aux grèves ouvrières, lutte contre la guerre coloniale…  Ils manifestent contre la guerre en Indochine perpétrée par un gouvernement où figurent des ministres socialistes et communistes. Milieu 1946, le journal « Jeunesse », organe des jeunes de la SFIO change de titre et devient « le Drapeau Rouge », plus qu’un programme, une orientation sans équivoque.  Au printemps 1947, des milliers de jeunes, chemise bleue, cravate rouge défilent au Mur des Fédérés aux accents de l’Internationale et de la Jeune Garde. Dans ces combats ils trouveront face à eux le gouvernement tripartite et ses ministres socialistes. Les Jeunesses socialistes revendiquent alors environ 30 000 adhérents. Cette organisation est un véritable mouvement de masses, un mouvement révolutionnaire, l’expression des aspirations de toute une jeunesse. Un an après il ne restera rien de ce mouvement… Pourquoi ? C’est l’histoire de ces jeunes militants, de leurs combats, de leurs espoirs et de leurs déceptions au lendemain de la guerre que retrace Jean-Jacques Ayme.     

06 février 2010 – après-midi « PORTES OUVERTES »

Présentation générale du centre intégrant la présentation des derniers numéros de nos deux publications : Les Cahiers du CERMTRI   et Les Cahiers du Mouvement ouvrier

Un court DVD comprenant 3 extraits de films, un sur Trotsky, un sur l’ « Octobre Hongrois » de 1956 et un sur juin 36

Présentation d’une partie de nos archives : 

→ Nos archives sur l’entre-deux guerres en France :  – Le mouvement syndical : Cgt, Cgt-U, Cgt-SR, initiatives indépendantes (Vie Ouvrière, La Révolution Prolétarienne, Le Cri du Peuple)   – Les Oppositionnels de la SFIO  (à droite les néos et à gauche la « gauche révolutionnaire »)  – Les Oppositionnels du PC : l’opposition de gauche et les trotskystes, mais aussi Treint, Ferrat, Souvarine  – Le pacifisme, les anarchistes, les libertaires, mais aussi ceux difficilement classables avec des évolutions très diversifiées (Pioch, Wuillens, Challaye, etc..) 

→ Nos archives sur l’Espagne :   – La guerre civile – Le POUM, la CNT et la FAI   – Collection du journal La Batalla  – Collection d’affiches 

→ Nos archives sur l’Allemagne :  – La social-démocratie d’avant 1914 : la revue de Karl Kautsky, Die neue Zeit   – Les œuvres complètes de Marx et Engels en allemand dans la collection la Mega  – La montée du nazisme et la presse anti-fasciste 

→ Nos archives sur l’URSS, la Pologne et la Tchécoslovaquie :  – Le bulletin de l’Opposition de gauche en russe (collection complète)  – Le magazine Ogoniok (1987-1992)  – Le bulletin du KAS (Confédération arnarcho-syndicaliste)(1989-1993)  – Le journal polonais Po-Prostu (organe de l’opposition communiste)  – Des journaux tchèques du « Printemps de Prague »  Présentation du site, puis des bibliothèques, en particulier de la « bibliothèque Lambert ».  

05 juin 2010 – L’ANTISEMITISME EN RUSSIE DE CATHERINE II à POUTINE Réalités et légendes

Jean-Jacques Marie, auteur de cet ouvrage.

Les pogromes accomplis aux cris de “mort aux Juifs, sauve la Russie!”, les accusations de crimes rituels, les centaines de mesures dirigées contre les Juifs prises entre Catherine II et Nicolas II, le tsar tueur du Dimanche rouge, canonisé par l’Eglise orthodoxe en 2000, la rédaction et la diffusion du Protocole des Sages de Sion, qui inspireront les nazis, l’exécution ordonnée par Staline des dirigeants du Comité antifasciste juif, dissous par lui l’année même où il apporte un soutien sans faille à la création et à l’armement de l’Etat d’Israél, le complot des Blouses blanches…  la liste est interminable des fruits de l’antisémitisme d’Etat, de l’antisémitisme religieux et de l’antisémitisme bureaucratique, mis entre parenthèses pendant près de trente ans par la révolution d’Octobre. Au lendemain de cette révolution, selon le journaliste russe Arkadi Vaksberg qui lui est hostile, les juifs de Russie passent politiquement de l' »enfer au paradis », …avant de se voir à nouveau confrontés , avec la dégénérescence de la révolution, à la résurgence de l’héritage provisoirement aboli du passé.       

De multiples rumeurs et légendes intéressées, qui prennent trop souvent le statut de vérités incontestées voire incontestables, s’ajoutent à la réalité qu’elles déforment ou caricaturent en débouchant sur des amalgames hâtifs.      

15 janvier 2011 – REVOLUTION HAITIENNE ET REVOLUTION FRANCAISE. Aux origines de la première République noire 

Florence Gauthier, historienne, maître de conférence à Paris VII      

Florence Gauthier a accepté de répondre à l’invitation du CERMTRI et de nous parler des combats menés en France et à Haïti qui ont abouti à deux éclatantes victoires :  – le 4 février 1794, la Convention étendait à toutes les colonies françaises l’abolition de l’esclavage, déjà réalisée par l’insurrection des esclaves au nord de Saint-Domingue,  – après avoir battu les soldats envoyés par Bonaparte en 1803, Dessalines proclamait le 1er janvier 1804 la première République noire indépendante.      

Après avoir étudié les révoltes paysannes durant le 18ème siècle et la Révolution française, Florence Gauthier a analysé comment la philosophie des lumières, confrontée aux limites que fixaient les « économistes », mais aussi aux aspirations et aux luttes populaires, a nourri différentes interprétations des droits de l’homme de 1789 (déclaration des droits de l’homme et du citoyen) à 1802, en passant par les constitutions de 1791, 1793, 1795.      

Depuis une dizaine d’années, Florence Gauthier creuse les réalités de la société esclavagiste antillaise ; elle étudie comment le préjugé de couleur, opposé à la conception universaliste des droits de l’homme, s’est consolidé au 18e siècle, comment il a été combattu à Saint-Domingue et en France par le métis Julien Raimond qui a dévoilé pour les démocrates tels que Robespierre et l’abbé Grégoire les manœuvres du lobby colonial.     

Haïti s’honore d’une longue tradition de luttes contre l’injustice et la misère. A l’occasion de cette conférence, vous pourrez poser vos questions à l’une des historiennes qui connaît le mieux ses combats et leurs parallèles en France.    

9 avril 2011 – DEUX VISIONS DE LA REVOLUTION FRANCAISE : Kautsky – Jaurès 

Jean-Numa Ducange, historien     

En 1889, l’année de la fondation de la deuxième internationale à Paris, Karl Kautsky publie en Allemagne Les luttes de classes en France en 1789.  Si Kautsky deviendra, après la mort d’Engels en 1895, le théoricien universellement reconnu du marxisme plane sur lui l’ombre de celui qui a lors de la guerre de 1914 justifié le ralliement massif des sociaux-démocrates à leur bourgeoisie et à leur État en affirmant que l’Internationale ne pouvait être efficace qu’en temps de paix et pas en temps de guerre  (comme si les pompiers n’étaient utiles qu’en l’absence d’incendie…)  Mais cela ne saurait en rien infirmer l’intérêt de son analyse de la Révolution française, rééditée par Jean-Numa Ducange dans le volume Socialisme et révolution française.       

Une décennie plus tard Jaurès entreprend sa monumentale Histoire socialiste de la révolution française. On ne saurait la comparer à l’analyse de Kautsky, ni par son ampleur (plus de 2000 pages contre une centaine), ni par la richesse de la documentation, ni par son point de vue, ni par la vision : Jaurès accorde une grande importance aux acteurs de la révolution que Kautsky sacrifie à l’analyse des mécanismes économiques et sociaux et il trace de ces acteurs des portraits extrêmement vivants marqués par ses antipathies (Hébert par exemple) ou ses sympathies (Robespierre entre autres).       

Jean-Numa Ducange pour organiser le dialogue à la fois historique et politique entre Jaurès et Kautsky reproduit dans son volume l’admirable introduction de Jaurès à son Histoire socialiste de la révolution française, quelques articles de Jaurès sur cette question et une polémique Jaurès-Kautsky sur le « ministérialisme  socialiste » en rapport avec la lutte pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat.   Même si les conditions historiques ont changé, cet échange, éclairé par le destin ultérieur des deux hommes, n’a rien perdu, un siècle plus tard de son acuité.     

8 octobre 2011 – MILLICIENS CONTRE MAQUISARDS ou la Résistance trahie

Françoise MORVAN, historienne, universitaire           

En 2005, un petit éditeur, ayant lu son essai Le monde comme si (sous-titré Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne) demande à Françoise Morvan d’écrire une préface au livre d’un certain Guillaume Le Bris. Elle apprend que ce résistant a été arrêté lors d’une rafle en juillet 1944 avec les camarades de maquis de son père, enfermés dans une cave à Bourbriac, torturés, puis assassinés par les Allemands assistés de miliciens bretons sous uniforme SS.   Comment expliquer que les historiens de la Résistance aient systématiquement passé sous silence la présence de ces miliciens à Bourbriac ? Guillaume Le Bris aurait-il menti ? Pour en avoir le cœur net, elle se lance dans une recherche aux archives. Sidérée par ce qu’elle découvre, elle décide de rendre compte de son enquête en donnant la parole à ceux qui ont vécu cette histoire : maquisards FTP, parachutistes chargés d’organiser la Résistance, gendarmes pétainistes, miliciens « français » et miliciens « bretons », mais aussi paysans violentés par les uns et par les autres.   En élargissant la recherche comme en étoile à partir de l’histoire d’une simple rafle, elle parvient à montrer comment ces miliciens, bénéficiant de l’appui des réseaux panceltiques, ont pu poursuivre après la Libération un engagement dont ils étaient fiers : le mouvement nationaliste breton, massivement collaborateur sous l’Occupation, en se donnant à partir des années 60 un alibi « anticolonialiste », a réussi à recycler, avec l’appui des élus régionaux de droite et plus encore de gauche, une idéologie ethniste appelant à excuser, minimiser, voire nier les engagements des militants engagés dans ce qu’ils appellent le « combat breton ».   Ce livre a fait l’objet d’un véritable boycott. S’il a connu deux tirages en moins de trois mois, jamais aucun débat n’a pu être organisé en Bretagne ou ailleurs, y compris, avec les derniers acteurs de cette histoire, sur les lieux où se sont produits les événements qu’il raconte. C’est donc un livre gênant. Pour qui et pourquoi ? C’est ce que Françoise Morvan expliquera dans sa conférence.       

21 janvier 2012 – Débat autour du livre de Jean-Jacques Marie : LÉNINE La révolution permanente    

Après tant d’études et de biographies, un nouveau livre sur Lénine était-il nécessaire ? Était-il nécessaire maintenant ?  Quelle est l’actualité de Lénine en 2012, vingt ans après que s’est désintégrée l’Union Soviétique ? Désintégrée au terme de décennies de domination de cette bureaucratie dont Lénine a tenté de combattre l’émergence,  bureaucratie qui se reconnut dans Staline contre lequel, selon la formule de l’historien Moshe Lewin, « Lénine livra son dernier combat ».  Quelle est la portée mondiale de la Révolution d’octobre 1917 à laquelle le nom de Lénine reste associé, en ce début du 21ème siècle – où des dictatures viennent de s’écrouler sous les coups des peuples et où en même temps les travailleurs et les peuples voient se déchaîner une furieuse offensive contre leurs droits et leurs conditions de vie ? Associé au point qu’en 2011, un journaliste russe, pourtant hostile politiquement à Lénine, a déclaré qu’accepter aujourd’hui que soit occultée sa mémoire serait « l’enterrement de l’idée même d’une révolution émanant de la base, seule possibilité qui reste aux masses, étant donné le blocage de tout changement venu d’en haut. »  Alors que déferle sur toute la planète une crise économique aux conséquences catastrophiques, n’est-il pas d’actualité de revenir sur l’analyse faite dès 1916 par Lénine de l’impérialisme ; analyse dont les conclusions prennent aujourd’hui, comme l’écrit Jean-Jacques Marie « un caractère aveuglant » ?  N’y a-t-il pas dans le déchaînement d’ignorance, de calomnies et de haine à l’encontre de Lénine comme une reconnaissance involontaire de l’actualité de l’action et de la pensée de celui dont toute l’activité politique restera guidée par l’affirmation formulée dans l’un de ses premiers écrits : « Aider au développement politique et à l’organisation politique de la classe ouvrière, voilà notre objectif principal et fondement. Celui qui le relègue au second plan et ne lui subordonne pas tous ses objectifs et procédés particuliers s’engage sur une fausse voie. » Ces questions sont au cœur même du livre : Lénine, la révolution permanente.  François de Massot, président du CERMTRI, introduira le débat. Jean-Jacques Marie répondra à tous les questions que l’on voudra lui poser à propos de son livre.     

24 mars 2012 – Débat autour des livres d’Alain Cuenot  «Clarté – 1919-1924» et «Clarté – 1924-1928» (publiés chez L’Harmattan) sous-titrés : 1) Du pacifisme à l’internationalisme prolétarien et 2) Du surréalisme au trotskisme     

En 1919 Henri Barbusse et Raymond Lefebvre, hostiles à la guerre qui vient de s’achever, laissant derrière elle un monceau de cadavres et de longues files de mutilés, lancent la revue Clarté pour tenter de rassembler les intellectuels qui n’ont pas cédé à l’Union sacrée et à la vague de chauvinisme, ou qui s’en sont dégagés.             

Pendant ses neuf ans d’existence les débats qui agitent la revue sont un miroir des problèmes qui agitent la vie politique française même s’ils sont vus à travers le prisme d’une intelligentsia dont nombre de membres se posent alors, après la boucherie de la première guerre mondiale, la question de l’action révolutionnaire à la fois sur le plan littéraire et artistique et sur le plan politique.  Très vite la revue va être l’objet de vives discussions sur ces questions, dont les deux sous-titres -1) Du pacifisme à l’internationalisme prolétarien 2) Du surréalisme au trotskisme, illustrent la nature et l’ampleur :   -débats souvent vifs avec les partisans du pacifiste « au-dessus de la mêlée » Romain Rolland,   -entre les pacifistes et les partisans de la révolution russe,   -entre Barbusse dont le culte de la raison est aussi fumeux que le pacifisme et les éléments plus politiques de la rédaction,   -avec les surréalistes (auxquels appartient Pierre Naville),  -puis entre les partisans de la direction du Parti communiste français et ceux de l’Opposition de gauche.  La revue va vivre jusqu’en décembre 1927 avant de se saborder, sous la pression de la direction du Parti communiste français. Pierre Naville et Marcel Fourrier, animateurs de Clarté au cours de ses trois dernières années d’existence, membres du Parti communiste et partisans de l’Opposition de gauche fondent alors la revue Lutte de classes.  Les 500 pages des deux riches volumes d’Alain Cuénot apportent un éclairage précieux sur cette période aujourd’hui mal connue.     

9 juin 2012 – ll y a cinquante ans, NOVOTCHERKASSK

avec Jean-Jacques Marie, auteur de Khrouchtchev ou la réforme impossible     

Le 1er juin 1962, le gouvernement soviétique annonce une augmentation massive (de l’ordre de 30 % !) du prix des produits   alimentaires. La décision suscite une vague de mécontentement; ici et là, des tracts dénonçant l’augmentation des prix sont collés sur les murs, à Moscou, dans le Donetsk, à Tcheliabinsk, à Khabarovsk.        

Des appels à la grève sont affichés à Tcheliabinsk, Ivanovo, Magnitogorsk, Tambov, Donetsk, Leningrad, dans la province de Vladimir.  Un peu partout les ouvriers mécontents, voire indignés, discutent, mais finalement se mettent au travail.  gouvernement de Khrouchtchev, inquiet, invite le KGB à surveiller de près les membres du PCUS et même ses dirigeants locaux et régionaux !       

A Novotcherkassk, dans le sud de la Russie, le mécontentement se transforme en grève et en manifestations de masse. Moscou   envoie sur place deux membres du Bureau politique (Kozlov et Mikoian) à la face  de qui une délégation d’ouvriers en grève lance : « La classe ouvrière, c’est nous ! »  La répression est très brutale : 22 ou 24 morts, dont un enfant, des dizaines de blessés graves, des centaines d’arrestations, de nombreux procès, 7 condamnations à mort (dont l’auteur de l’apostrophe à Kozlov et Mikoian), des dizaines de condamnations à de lourdes peines de prison et le black-out. Le KGB prend ensuite de véritables mesures préventives de guerre civile.  Novotcherkassk annonce la chute de Khrouchtchev.     

24 novembre 2012 : avec Alain ROUX auteur de : Le Singe et le Tigre – Mao, un destin chinois   

Alain Roux reviendra sur le destin de celui qui fut le principal dirigeant du Parti communiste chinois des années précédant la révolution de 1949 jusqu’à sa mort en 1976. Alain Roux est l’un des plus éminents spécialistes de l’histoire de la Chine moderne et de l’analyse du régime chinois. Professeur émérite des universités, participant depuis des années à l’équipe de recherche sur la Chine moderne et contemporaine de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Le Casse-tête chinois (1960 – Editions Sociales) – La Révolution culturelle en Chine (1976 – Payot) – Le Shanghai ouvrier des années 30 (1993 – l’Harmattan) – La Chine au 20ème siècle (2006 – Armand Colin).  En 2009, il publie chez Larousse une biographie de Mao Zedong intitulée Le Singe et le Tigre –  Mao, un destin chinois.  

Livre imposant, non pas tant par son volume que par le fait que ce sont des années de recherches et de travail qui s’y cristallisent et qu’il utilise d’abondantes sources inédites en français. S’il s’agit de la biographie la plus complète concernant Mao, c’est aussi plus qu’une biographie. Comme l’écrit l’auteur, il a veillé à « situer ce destin exceptionnel dans son temps et son espace ».  Aussi Le Singe et le Tigre est-il une plongée passionnante dans l’ensemble de révolutions, de guerres et de convulsions qui constituent l’histoire du siècle dans lequel  s’inscrit le destin de Mao Zedong. Nul doute que partant de cet ouvrage et de ses conclusions, Alain Roux sera amené à soulever des questions qui rejoignent et qui éclairent celles posées par la place de la Chine dans le monde actuel, l’avenir du régime en place, la signification des évènements sociaux et politiques qui s’y déroulent alors que s’achève la 18e Congrès du Parti communiste chinois.     

16 février 2013 sur le livre de Sygmunt Stein Ma guerre d’Espagne

animée par Edouard Taube et Jean-Jacques Marie et avec la paticipation de la fille de Sygmunt Stein, Odette Stein        

« Ma guerre d’Espagne est bien plus qu’un témoignage. C’est une manière de regarder l’histoire au ras du sol, avec la constance de celui qui, sans renier sa cause a désappris le mensonge tout en cherchant à l’explorer jusqu’au bout. » écrit José Fergo dans le bulletin A contretemps.        

La fille de Sygmunt Stein, Odette souligne : « Mon père  me disait souvent que, en tant que communiste juif, aller combattre Franco était pour lui une évidence mais qu’il avait très vite pris conscience que le PC se souciait davantage de régler leur compte aux révolutionnaires que de combattre le fascisme. »     

C’est ce que l’histoire officielle et officieuse de la guerre civile espagnole tente de masquer en escamotant d’abord le fait qu’il s’est agi d’une révolution confrontée à la contre-révolution en face d’elle et dans ses propres rangs.     Edouard Taube, qui a personnellement connu Sygmunt Stein et à qui on doit la publication de son livre en français, apportera son témoignage sur le personnage de Stein,  et son analyse de la position et de l’évolution politique de l’auteur de Ma guerre d’Espagne.     

Pour l’Association des combattants pour l’Espagne républicaine organisée par des  membres ou des proches du PCF,  la guerre d’Espagne est une «agression combinée par Franco, Hitler, Mussolini et Salazar contre la République et non, comme persistent encore à l’affirmer certains, une prétendue «guerre civile.» Cette négation de l’existence d’une guerre civile et donc d’une révolution en Espagne a débouché hier sur la répression brutale, ainsi implicitement justifiée aujourd’hui, des révolutionnaires de toutes tendances, anarchistes, poumistes, trotskystes, désireux de combattre leur bourgeoisie exploiteuse et ses institutions ultra-réactionnaires . Cette négation et cette répression ont ouvert la voie à Franco. C’est ce que la présentation du livre de Stein permettra de  discuter.     

23 novembre 2013 : Sur les guerres balkaniques (1912 – 1913)

animée par Jean-Jacques Marie et Claude Dupont, auteur de « Jaurès, ce que dit un philosophe à la cité«      

Il y a un siècle, en 1912 et 1913, deux guerres ont déchiré les Balkans : la première a dressé la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le  Monténégro contre l’empire Ottoman, dont les vainqueurs se partagent les dépouilles dans les Balkans ;  la seconde a  dressé la Grèce et la Serbie, puis la Roumanie… et la Turquie contre la Bulgarie, bientôt battue et dont ses vainqueurs se partagent ses récentes conquêtes.    

Derrière ces petits pays en guerre se dessine l’ombre de la Russie tsariste, de l’Autriche-Hongrie, mais aussi de la France, de la Grande–Bretagne et de l’Allemagne.   

Une mission d’enquête organisée en 1914 par la fondation Carnegie soulignera « la responsabilité » des grandes puissances européennes qui, à mesure que les peuples de la région se libéraient de la domination ottomane ont disposé de ces populations contre leur volonté.  La hantise constante de ces puissances a été en effet de voir se constituer une vaste fédération des peuples balkaniques, d’où la création d’Etats-nations artificiels auxquels étaient donnés des souverains issus des cours européennes. ».     

Dès le premier jour Jaurès se dresse dans l’Humanité contre cette guerre ; sous son impulsion le parti socialiste adopte un Manifeste qui proclame : « Une fois de plus l’anarchie capitaliste déchaîne sur le monde les horreurs d’une guerre qui n’a d’autre cause que des intérêts financiers et des ambitions dynastiques ». Le Manifeste constate : «  seuls se sont dressés contre elle les socialistes des Etats balkaniques, serbes, bulgares et ottomans » qui adoptent un manifeste commun.     Dans son Manifeste la CGT dénonce avec une prescience remarquable « les redoutables possibilités d’une conflagration guerrière dressant les unes contre les autres les puissances européennes ».   

Ce sont ces questions et en particulier l’action de Jaurès que les deux conférenciers présenteront pour ouvrir la discussion la plus large avec les présents.    

27 septembre 2014 : La portée du combat des trotskystes en Union soviétique

Jean-Jacques Marie, fera le rapport ouvrant la discussion.

Il a assuré l’édition de deux numéros spéciaux des  Cahiers du mouvement ouvrier, consacrés au combat des trotskystes en URSS de 1923 à 1941.  Ces numéros contiennent nombre de documents inédits en France provenant des archives de Trotsky, ainsi que documents inédits issus des archives du KGB, en particulier sur la résistance des trotskystes envoyés au Goulag et sur leur liquidation.  L’ensemble souligne à quel point Trotsky avait raison de dire des trotskystes organisés en URSS qu’ils constituaient la plus forte section de la IVe Internationale. Il démontre que, malgré les provocations et les manœuvres de l’appareil, l’Opposition de gauche, avant le 15° Congrès du parti en 1928, gagna un large soutien au sein de la classe ouvrière.  Il établit aussi que – contrairement à ce qui a été souvent largement expliqué – l’Opposition ne disparaît pas avec l’exclusion collective et la répression massive. Dans les camps, elle se réorganise, les militants trotskystes combattent, recrutent, des jeunes la rejoignent.  Les massacres de 37-38 ne s’expliquent pas uniquement par une volonté de vengeance, mais répondent à une nécessité profonde pour un pouvoir qui redoute, plus que tout que  — dans les événements gigantesques qui s’annoncent — l’avant-garde, que la terreur n’a pu briser, fasse sa jonction avec de nouvelles couches qui se dressent contre la dictature bureaucratique.   Les Cahiers du mouvement ouvrier n°62 et 63 contiennent notamment les articles et documents suivants :  – des documents sur l’écho rencontré dans le Parti bolchevique par le combat de l’Opposition de gauche en 1923,  – 8 tracts trotskystes (inédits) distribués à Moscou en 1929,  – des déclarations de trotskystes un moment ralliés à Staline puis revenant sur ce ralliement (1935),  – des procès-verbaux d’interrogatoires de militants trotskystes emprisonnés par le NKVD (Milman, Dorochenko, Iakovine, Kossior – mars-avril 1936),  – la déclaration de 4 détenus sur la mort d’Elzear Solntsev,  – les souvenirs de Mikhail Baïtalski sur la grève de la faim des trotskystes à Magadan (1936-1937) qui dura 100 jours, contenant la confession d’un agent provocateur,  – le rapport à Nicolas Iejov du chef de la Sécurité d’Etat de Vorkouta sur la grève de la faim et sur les revendications des grévistes.     

22 novembre 2014  Pouvoir légal et pouvoir réel dans la Catalogne révolutionnaire de 1936

Josep Antoni Pozo González, historien, présente son livre.

Il faut bien reconnaître que sont bien rares les travaux de recherche sur le pouvoir légal et le pouvoir réel dans la Catalogne révolutionnaire de 1936 après le soulèvement militaire commencé le 17 juillet au Maroc « espagnol », en d’autres termes sur le phénomène dit du « double pouvoir » entre juillet et octobre 1936, objet du livre de notre auteur. Non que ce phénomène n’ait fait l’objet d’études, mais sans procéder à une recherche exhaustive de l’activité des centaines de comités aux noms très variés qui ont couvert la Catalogne en réponse immédiate à la rébellion militaire factieuse.  

Quelles ont été les relations entre les représentants du Gouvernement de Catalogne (pouvoir « légal ») et ceux du Comité Central de Milices Antifascistes (CCMA) avec les Comités locaux (pouvoir réel) ? Quels débats ont agité les organisations politiques et syndicales, les gouvernants, le peuple, se réclamant de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme, du socialisme, du communisme, de l’indépendance catalane sur tout l’État espagnol, notamment sur la question : fallait-il d’abord gagner la guerre avec la promesse de procéder ensuite à des transformations sociales, soigneusement laissées dans le vague d’ailleurs? Ou bien pouvait-on gagner la guerre si n’était pas menée dans le même élan une politique donnant aux millions d’opprimés d’Espagne l’assurance que la guerre et la victoire allaient poursuivre et confirmer ces conquêtes révolutionnaires que le CCMA et les comités locaux avaient mises en œuvre dans l’urgence de la guerre et de l’effondrement de toutes les structures de  l’État ?   Pour quelles raisons la quasi intégralité de la grande bourgeoisie espagnole, de la finance, de l’Église se sont-elles ralliées à cette « Croisade » militaire qui ne semblait être au début qu’un pronunciamiento de plus dans la tradition militaire putschiste espagnole ?   Qu’en est-il de l’intervention d’Hitler et Mussolini aux côtés de Franco ? Et de l’URSS aux côtés de la République ? Et de la non-intervention des démocraties occidentales ?  Quasiment quatre-vingts ans après, ces événements qui ont provoqué une considérable saignée dans la population et les forces vives du pays (ouvriers, employés, petits paysans et artisans, ouvriers agricoles, et « maîtres d’école » comme on les appelait) peuvent-ils éclairer l’histoire actuelle et particulièrement en Catalogne, mais pas seulement, sur la question de savoir si un peuple, les peuples d’Espagne peuvent décider souverainement de leur avenir ?    

14 mars 2015 Alain Cuenot, auteur d’un ouvrage sur la revue révolutionnaire Clarté,  sur les Mutineries du printemps 1917               

Un journaliste interroge Max Gallo, auteur d’une histoire de la Première guerre mondiale. Interviewé sur les mutineries de milliers de soldats au printemps 1917, M. Gallo répond : «  Quand il y a les mutineries en 1917, quand il y a des manifestations de soldats dans les gares qui arrêtent les trains, qui jettent des pierres sur les voitures des officiers, qu’est-ce qu’ils crient ? Pas la paix, mais « permission et croix de guerre ». Ils sont comme des ouvriers qui font un travail. Ils veulent qu’on reconnaisse la qualité de leur travail. (Ouest-France du 10-11-2013). Bref les soldats se seraient dressés pour défendre une sorte de revendication syndicale.          

Or, dans ses Mémoires, le Président de la République Poincaré souligne l’ampleur du mouvement : « à la dernière heure (…) deux régiments (…) avaient décidé de marcher sur Paris (…) Il se confirme qu’à Dormans des hommes ont crié «  A bas la guerre et vive la révolution russe ! » des tracts pacifistes sont distribués dans les gares. (… ) L’armée se gâte ».  Le président du conseil Ribot souligne : «  dans des régiments très divers, on répétait les mêmes phrases : « Nous n’attaquerons plus, nous voulons la paix ».  Pétain, qui fut chargé de réprimer les mutineries affirme dans une interview au patron du journal l’Intransigeant : « la tâche qui me tint le plus à cœur fut la répression des mutineries. C’était vraiment grave ; heureusement le pays ne l’a pas compris ; en son temps il ne l’a même pas su ». Il prétend avoir soigneusement équilibré répression, pardon et amnistie pour désamorcer la bombe : « Si on n’avait pas fait ça, ce sont des escouades, des pelotons, des régiments entiers qui auraient voulu refluer sur Paris et auxquels il eût fallu résister par les armées. Oui, une atroce guerre civile sous le feu de l’ennemi ».   Alain Cuénot restituera le vrai visage de ce mouvement qui a dressé des milliers de soldats contre la poursuite du massacre.     

20 juin 2015 : Il y a cent ans  ZIMMERWALD

avec Jean-Jacques Marie,

Après le choc qu’a représenté l’effondrement de la IIème Internationale dont les grands partis se rallient chacun à sa propre bourgeoisie dès le début de la guerre, les militants révolutionnaires tentent dès le début de 1915 de constituer puis de coordonner les maigres forces opposées dans le mouvement ouvrier à la boucherie impérialiste.  En mai, le PS italien convoque en Suisse une conférence internationale socialiste contre la guerre pour préparer une action commune pour la paix et créer un centre d’action. Une trentaine de délégués se réunissent au début de septembre 1915 à Zimmerwald près de Berne.   Ces rares internationalistes sont très divisés entre eux, en particulier sur l’idée de fonder ou non une nouvelle Internationale. Dès le début de la discussion Lénine propose un projet de résolution et de manifeste. Le premier appelle les socialistes à « refuser tout crédit militaire, quitter aussitôt les ministères (…), tirer parti de tout mouvement du peuple découlant des effets mêmes de la guerre (…) pour organiser des manifestations antigouvernementales, propager la solidarité internationale dans les tranchées, soutenir toute grève économique et chercher à la transformer en cas de circonstances favorables en grève politique. » Son projet de Manifeste appelle les prolétaires d’Europe à  préparer la « formation d’une Internationale puissante qui mette fin à la guerre et au capitalisme« . Il prépare ainsi politiquement la proclamation de la future Internationale communiste.  Les délégations italienne, allemande, française rejettent les deux projets, entre autres par refus de rompre avec les débris de la IIe Internationale.  Après des débats houleux, Trotsky est chargé de rédiger un texte de synthèse  adopté à l’unanimité et signé de tous les délégués… Le Manifeste proclame : « La guerre qui a provoqué tout ce chaos est le produit de l’impérialisme « . Puis il dénonce les responsabilités des dirigeants socialistes et l’Union sacrée. Centré sur la lutte » pour la paix sans annexions ni indemnités de guerre« , le texte n’évoque pas la nouvelle Internationale, dont la majorité de Zimmerwald ne veut pas. Lénine juge ce texte inconséquent et timoré, mais le vote car il y voit un premier pas en avant. En même temps, il rassemble la « gauche » de Zimmerwald, véritable matrice de la IIIe Internationale.  Zimmerwald marque donc le début de la renaissance du mouvement ouvrier indépendant des États et des bourgeoisies nationales… Une question qui n’a pas perdu de son actualité.     

21 mai 2016 Histoire du Parti communiste de Grèce de 1940 à 1950.  (Paris, L’Harmattan, 1987.)  LES GUERRES CIVILES GRECQUES (1943-1949)

avec Christophe CHICLET, membre du Comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée et auteur entre autres de Les communistes grecs dans la guerre.     

La prise du pouvoir par la gauche radicale grecque de la Syriza en janvier 2015 a fait couler beaucoup d’encre, suscité des espoirs chez les uns, des peurs chez les nantis de tout poil. Son incapacité à sortir de l’austérité a été largement commentée. En revanche l’histoire contemporaine grecque est peu connue en France, souvent « victime » d’une importante production de qualité sur l’Antiquité hellénique.  Quant à l’histoire du mouvement ouvrier grec, il s’agit encore d’une terra incognita. Malgré son indépendance en 1832, le pays n’a jamais été maître de son destin, manipulé par les Puissances qui voulaient contrôler ce pays placé à une position géostratégique très importante : France, Royaume- Uni, États-Unis, sans oublier la Russie tsariste puis l’URSS. Cela a entraîné de multiples guerres civiles : quatre au XIX° siècle, une en 1916-1917 et trois entre octobre 1943 et mars 1944 , décembre 1944-février 1945, mars 1946-août 1949. Ces dernières étant l’objet de notre conférence.  La première voit s’affronter les résistants de gauche à ceux de droite (comme en Yougoslavie et en Albanie), antagonismes aiguisés tant par les Britanniques que par les nazis. La deuxième oppose la résistance de gauche qui vient de libérer seule 80% du pays et les troupes britanniques alliées aux anciens collabos « monarcho-fascistes » qui veulent l’empêcher de prendre le pouvoir. Enfin la troisième, la plus terrible, entre les partisans communistes et les forces royalistes soutenues par les Britanniques, puis par les Américains. En Grèce, la guerre froide n’a pas été froide, elle a été brûlante comme les premiers essais des bombes américaines au napalm dès juin 1948.    

19 novembre 2016 : 1956, la révolution hongroise des conseils ouvriers   

avec Liliane Fraysse qui a coécrit avec Marika Kovács L’OCTOBRE HONGROIS DE 1956 – La révolution des Conseils

S’il est un anniversaire peu commémoré, c’est bien celui de la Révolution hongroise des conseils ouvriers. Et Pourtant les évènements qui se déroulent du 23 octobre 1956 au mois de janvier 1957 constituent le point le plus élevé de la vague révolutionnaire qui secoue l’Europe, l’URSS et les autres parties du monde dans les années 50.   Cette montée révolutionnaire commence par la grève des travailleurs d’Allemagne de l’Est, puis par la grève générale en France d’août 1953, et se poursuit par  les révoltes de détenus dans les camps staliniens, par la défaite de Dien Bien Phu infligée à l’impérialisme français, suivie de peu par le début de la révolution algérienne. Impérialisme et bureaucratie en effet subissent une crise conjointe qui provoquent ces mouvements révolutionnaires.  C’est en Pologne et en Hongrie que ces mouvements trouvent leur plein épanouissement après qu’en mars 1956, au XX° congrès du PCUS, la bureaucratie stalinienne a dénoncé  les crimes de Staline. Cette dénonciation, même partielle, libère la parole et aggrave les fissures de l’appareil bureaucratique stalinien.  Cette Révolution met au centre de son combat la révolution politique : chasser la bureaucratie stalinienne pour en revenir à un socialisme véritable «  à visage humain » selon l’expression d’Imre Nagy.  Révolution qui s’organise dans les conseils ouvriers dont le prolétariat a conservé le souvenir depuis 1919. Conseils ouvriers qui établissent la vraie démocratie, celle de la classe ouvrière et créent de fait une situation de double pouvoir.  Révolution isolée du mouvement ouvrier international  par la collusion entre l’impérialisme et la bureaucratie stalinienne,  et qui sera écrasée par les chars de la seconde intervention russe.  La révolution des conseils ouvriers, avec ses traits spécifiques liés à l’histoire de la Hongrie et de sa classe ouvrière reste une leçon universelle dans le combat pour l’émancipation des travailleurs.  

Cette page reprend les données de : http://www.trotsky.com.fr/wa4_93.html