Les révolutions battues en Bulgarie, en Autriche, en Hongrie (1919-1923)

Jean-Jacques Marie

Prévu samedi 15 juin 2019, de 14h30 à 17h30 à l’AGECA, 177 rue de Charonne.

Repoussé à septembre

  • Le 26 septembre 1918, des soldats insurgés de l’armée bulgare à Radomir proclament la République et marchent sur Sofia.
  • À Vienne, le 11 novembre 1918, l’empereur d’Autriche-Hongrie, Charles – plus tard béatifié par le pape Jean-Paul II – confronté à l’explosion de la colère populaire, abandonne son trône. La République est proclamée le lendemain.
  • Le 21 mars 1919 à Budapest est proclamée la République hongroise des conseils.

En quelques semaines, comme en Russie, des millions d’hommes et de femmes montent à l’assaut du vieux monde capitaliste qui les a entraînés dans la première des deux guerres monstrueuses engendrées par ce système au XXe siècle.

La révolution montante dans ces trois pays, décrite dans le numéro de juin 2019 (n° 82) des Cahiers du mouvement ouvrier, sera contenue puis écrasée et sa défaite débouchera sur le fascisme.

Pourquoi ?

C’est la question à laquelle cette conférence, ouverte à la discussion la plus large, tentera de répondre.

La révolution allemande (1919-1921) : positions et activités des organisations et des conseils ouvriers. Deux points de vue.

Jean Numa Ducange et Philippe Bourrinet

Le 16 mars 2019, salle du Maltais rouge

Au lendemain de l’assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, la révolution allemande se poursuit. Dans un contexte de quasi guerre civile permanente les divers courants révolutionnaires du mouvement ouvrier se retrouvent dans une situation singulière. Face à une social-démocratie allemande désormais rangée du côté de l’ordre bourgeois, comment faire la révolution ?

Les deux conférenciers présenteront leur point de vue sur les positions des diverses organisations en présence, notamment celles du parti communiste allemand(KPD)et du parti issu de son aile gauche, le KAPD, une des organisations visées dans le célèbre texte de Lénine La maladie infantile du communisme, le « gauchisme » , parti qui fut, pendant ces années, influent.Quelles alliances sont-elles possibles ? Comment les uns et les autres ont-ils réagi au putsch de Kapp en 1920,quelle attitude les uns et les autres ont-ils adoptée lors de la célèbre action de mars 1921 ? Quelle a été l’attitude des uns et des autres vis-à-vis des syndicats ?Comment considérer la « nation allemande » ? Comment faire vivre une démocratie authentique fondée sur les conseils ouvriers ?

A toutes ces questions les divers protagonistes de l’époque répondent. Ce sont ces faits dont il sera question, les problèmes abordés à l’époque demeurant encore d’une brûlante actualité.

Les intellectuels Français et la guerre de 14-18

Alain Cuenot, historien

Le 20 octobre 2018, salle du Maltais rouge

Dans le cadre de l’Union Sacrée, les intellectuels français s’engagent très majoritairement à servir la patrie et crient leur haine de l’Allemagne, de son impérialisme et même de sa civilisation. Seule une minorité de pacifistes et de révolutionnaires s’acharnent à défendre des sentiments internationalistes et antiguerriers.

Le pouvoir en place et l’État-major s’appliquent à réprimer sévèrement toute contestation de l’ordre militaire. Au nom de l’intérêt supérieur de la nation, la plupart des écrivains, des poètes et même des scientifiques se transforment en agents zélés d’un chauvinisme sanguinaire. Cependant l’horreur des combats, la souffrance intolérable des soldats, leurs témoignages douloureux, la crise de 1917, la Révolution russe, conduisent certains auteurs à s’interroger sur le sens de leur engagement et à rejoindre progressivement le camp des défenseurs de la paix.

La signature de l’armistice voit surgir, en pleine ivresse d’une victoire saluée par les conservateurs comme la preuve de la justesse de leur combat patriotique, des cris de révolte et de rejet du pouvoir en place et de l’impérialisme.

Pacifisme, antimilitarisme, internationalisme, engagement révolutionnaire, se conjuguent pour travailler à la construction d’un monde nouveau au sein du mouvement intellectuel français et européen. Prônant avec conviction le bannissement de toute forme de culture de guerre, un certain nombre d’intellectuels s’en prennent aux institutions culturelles et revendiquent avec force une refonte totale du langage littéraire et artistique rejoignant le radicalisme des dadaïstes et des surréalistes au cours des années vingt.

Nous nous efforcerons d’analyser en profondeur toutes les formes d’engagement et de luttes soutenues par les intellectuels français au cours de ces années terribles.

Un Court Moment révolutionnaire, la création du Parti communiste en France (1915-1924)

Avec Julien Chuzeville, autour de son livre

Salle du Maltais rouge

Affiche conférence Julien Chuzeville sur la naissance du PCF
Livre de Julien Chuzeville sur la naissance du PCF

Il a existé en France un parti révolutionnaire internationaliste regroupant plus de 50 000 adhérents, qui appelait à l’« organisation d’une véritable démocratie sur la base des soviets », à « la révolution mondiale », et à l’« organisation des États-Unis d’Europe ». C’était le Parti communiste du début des années 1920, à l’époque « Section française de l’Internationale communiste ».

Le PC est né de la scission du Parti socialiste en décembre 1920, au congrès de Tours, une nette majorité choisissant de rejoindre l’Internationale communiste. Ce choix s’explique en partie par le choc de la Première Guerre mondiale et l’intégration de dirigeants socialistes aux gouvernements de guerre. D’autre part, « le contexte d’intenses luttes sociales, de grèves massives en France, de tentatives révolutionnaires dans différents pays d’Europe, eut une influence décisive sur les résultats du congrès de Tours » (p. 10).

Après la création et les débuts du PC, le livre s’achève sur l’analyse du tournant de 1924, la « bolchevisation », qui marque la fin de ce « premier » Parti communiste. Ses principaux fondateurs deviennent oppositionnels, puis sont exclus ou poussés à la démission. Ils militeront ensuite au sein de l’extrême gauche antistalinienne.

Revisiter cette période allant de 1914 à 1925 permet aussi plus largement d’envisager avec un regard neuf l’histoire du communisme et du mouvement ouvrier.