Heureusement, le ridicule ne tue plus depuis longtemps…

Jean-Jacques Marie

4e tr 2013

Le Nouvel Observateur, daté du 18 au 24 juillet 2013, consacre une partie de son numéro à célébrer « Voltaire l’indigne’». L’hebdomadaire évoque bien entendu l’affaire Calas. L’auteur de l’article, un certain Grégoire Leménager, n’hésite pas à écrire à cette occasion : « Sait-il qu’il est en train d’inventer, bien longtemps avant Edwy Plenel, le journalisme d’in­vestigation ? » (p.67). Voltaire et Edwy Plenel mis sur le même plan il faut le faire… Précisons par ailleurs que si Ple­nel s’est appliqué et s’applique encore à soulever des « affaires », ces dernières – comme la dernière en date, celle de Jérôme Cahuzac le rappelle -, n’ont rien à voir avec les affaires Calas ou Sirven auxquelles Voltaire a consacré tant d’heures.

Dans le domaine du ridicule, Le Monde réussit à faire mieux que Le Nouvel Observateur qui, pourtant, s’applique dans ce même numéro en évoquant, par exemple « une exégèse valsienne du hollandisme (sic!) » (p.34).

Le magazine du Monde (8juillet) consacre huit pages dithyrambiques à la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. La rédaction du Monde elle-même a extrait de ce long texte une phrase destinée à en résumer le sens : « C’est une femme très moderne, une séductrice et une héroïne antique, Antigone, Hermione et Bérénice à la fois » (souligné par Le Monde, page 30). Rappelons simplement qu’Antigone a été condamnée à mort et tuée pour avoir décidé d’enterrer son frère malgré l’interdiction qui lui en avait été faite par le roi de Thèbes, Créon, qu’Hermione a fait tuer le roi d’Epire, Pyrrhus, dont elle était amoureuse et qui avait décidé d’épouser son esclave Andromaque ; quant à Bérénice, elle s’est vu chassée de Rome par l’interdiction faite par le Sénat à l’empereur Titus de l’épouser…

On a beau chausser une loupe et même un télescope, on ne peut pas voir le moindre rapport entre ces tragédies et le passage d’Aurélie Filippetti des Verts au PS puis dans son ascension ministérielle. Mais Le Monde est la voix de son maître, quelque soit le maître…