Jean-Jacques Marie
Winston Churchill, grand défenseur de l’empire colonial britannique, de l’ordre bourgeois mondial dont il était une composante importante et de la monarchie britannique, son incarnation séculaire, voyait dans Staline un allié et dans Trotsky, incarnation de la révolution mondiale, un adversaire. Il déclarait à l’ambassadeur soviétique à Londres, Ivan Maïski, le 16 novembre 1937 : « Ce Trotsky c‘est un véritable diable (…) Je suis à fond pour Staline » (1). Il réitère le 23 mars 1938, à l’époque du troisième procès de Moscou : « Trotsky est le génie du mal de la Russie et c’est une très bonne chose que Staline ait pris sur lui sa revanche ». Puis il ajoute : « Je suis définitivement favorable à la politique de Staline. (…) Nous avons besoin d’une Russie forte et je souhaite à Staline de réussir » (2).
1 Ivan Maiski,Journal 1932-1943, p 172.
2 Ibid, p 193.
