A propos des Cahiers

Ce site que nous ouvrons 20 ans après la parution du n°1 des Cahiers du Mouvement Ouvrier, met en ligne tous les numéros d’avril 1998 à l’année 2012, tous les sommaires jusqu’au n° 78, un tableau classant plus de 1200 articles par thèmes… Il sera progressivement enrichi (chaque année, quatre numéros de plus en ligne, vidéos de conférences …), et son accessibilité améliorée.


L’historien Pierre Miquel écrivait dans Les mensonges de l’histoire ces lignes éloquentes : « En histoire le mensonge est l’activité la mieux partagée. Voilà bien une pétition de principe qui semble frappée du sceau de l’évidence. Les acteurs de l’histoire mentent, Clio elle-même ne leur cède en rien. Les mensonges ne sont pas de simples et anodins aménagements avec la réalité mais de véritables stratégies d’occultation de la vérité. » Exagérait- il ? Pas vraiment et pas beaucoup…

Les chroniqueurs écrivaient pour les Grands qui les payaient, les mémorialistes se justifiaient ou réglaient leurs comptes, les documents légués par l’Histoire sont souvent d’une fiabilité douteuse, les historiens eux-mêmes restent trop souvent prisonniers de l’idéologie et des cadres de pensée dominants. L’histoire se trouve donc être la « science humaine » qui ment le plus par action, par omission et, plus encore, par interprétations abusives et politiquement intéressées.

Pour un Howard Zinn, combien de jumeaux de Richard Pipes, conseiller de Ronald Reagan pour l’URSS et membre de son conseil de sécurité !

L’histoire des révolutions et celle du mouvement ouvrier sont sans doute aucun les plus malmenées par l’historiographie tant bourgeoise que stalinienne. Le bicentenaire de la révolution française et, tout récemment, le centenaire de la révolution russe, pour ne citer que ces deux exemples, en ont donné, de New York à Moscou en passant par Paris, des exemples édifiants.

C’est pour tenter de répondre à cette réalité aussi vieille que l’histoire des révolutions et la naissance du mouvement ouvrier organisé qu’en 1998 les historiens Vadim Rogovine et Jean-Jacques Marie ont fondé les Cahiers du mouvement ouvrier dont 78 numéros sont parus à ce jour.

On y trouve des documents et des articles sur les sujets les plus divers : des textes du militant et historien anarchiste James Guillaume sur la révolution française, des études sur la constitution du mouvement ouvrier en France ou aux États-Unis, des documents souvent peu connus de révolutionnaires russes d’orientations diverses, sur les divers groupes d’opposition apparus en URSS au fil des années contre Staline et le stalinisme (de l’opposition de gauche en 1923, aux divers groupes créés au lendemain de la guerre en 1945-46 en passant par l’Union des marxistes-léninistes de Martemian Rioutine fondée en 1932 et dont tous les membres seront fusillés peu après). Les Cahiers du mouvement ouvrier – et eux seuls – ont publié de longs extraits du long texte ravageur de Rioutine. On y trouve aussi des articles et des documents sur les révolutions hongroise et polonaise de 1956 et une chronique régulière débusquant, jusques et y compris dans de nombreux manuels scolaires, les innombrables falsifications qui défigurent les révolutions et en particulier la révolution russe, son histoire, et ses organisateurs, gommant le plus souvent les gigantesques difficultés auxquelles elle a été confrontée.


La revue Cahiers du mouvement ouvrier existe depuis vingt ans
Pourquoi cette revue a-t-elle commencé à paraître en 1998 ?
Du bon usage des archives